Échos de l’Agora

La faim et les moyens

11 mars , 2009 · 2 commentaires

Considérations préalables

La présente analyse ne vise pas les personnes qui luttent, ni l’objet de leur combat, mais sur une méthode qu’elles utilisent, la grève de la faim. Les remarques préliminaires formulées dans un précédent article (sans-papier mais sous contrôle) restent d’actualité.

Les forces en présence

Dans la problématique des sans-papiers, la puissance respective des protagonistes est fortement inégale. Face à des individus souvent atomisés, déracinés, déconsidérés, déshérités, désenchantés se trouve une puissance d’État (voir de plusieurs États comme c’est le cas en Europe) forte de sa cohésion, de sa richesse, de son administration et de sa police. Cette asymétrie structure le combat qui se livre. C’est elle qui détermine la forme que celui-ci va prendre, le terrain sur lequel il va se mener et les coups qui peuvent être portés. De quoi les grèves de la faim sont-elles le révélateur dans le combat qui oppose les migrants sans-droits aux sociétés qui les hébergent sans les accueillir ?5728vaincre-la-faim-affiches1

La guerre d’étranger

Le désintérêt, voir le mépris généralisé pour la problématique des sans-papiers, conduit régulièrement ceux-ci, lors du combat qu’ils mènent contre les États dont ils sont des résidents illégitimes, mais naturels, dans leurs derniers retranchements. C’est ainsi que le front se déplace fréquemment au-delà de la dernière frontière derrière laquelle peuvent se réfugier les migrants, leur propre corps.

Du champ de bataille…

Par la grève de la faim, les grévistes amènent la lutte en leur for intérieur. En ceci, ils marquent un avantage stratégique indéniable. Ils sont en terrain connu, où il n’y a ni dominant ni dominé, mais seulement une volonté guidée par une seule conscience, la leur. Quelle que soit la puissance de l’ennemi, sa victoire en ce domaine ne pourra jamais être totale sur les sans-papiers. Ceux-ci s’affirment par ce biais comme des hommes libres, des insoumis et ceci les honorent.

…aux champs de ruine

Malheureusement, c’est également là, dans ces corps, que se marquent les traces du combat. De plus, en ce lieu si reculé et si intime le risque est grand de voir le combat collectif se muer en traversée du désert en solitaire. Les risques encourus et les résultats obtenus y sont principalement individuels. Ici, pas de rues dépavées ni de barricades montées, pas d’administrations démantelées ni de législation réformée, seul reste au terme de l’épreuve, et qu’elle qu’en soit l’issue, des séquelles physiques et psychiques plus ou moins graves et plus ou moins irréversibles.

Expulsion intérieure

Cette technique de lutte conduit le gréviste à devenir son propre bourreau. Il se fait, par ce biais, agent de l’État en 177529_ba-vizier-watching-an-execution-affiches1réalisant, par l’extrême, l’absurdité et l’inhumanité du système. Il affirme son appartenance à la collectivité en devenant celui qui applique la loi mieux que quiconque. C’est lui qui refuse de nourrir cet étranger qui doit aller se nourrir ailleurs. En tarissant sa faim, c’est son étranger indésirable que le migrant tente de faire disparaître.

Le choix des armes ou le désarmement du choix

Mais le combattant doit-il être un martyr et la lutte une souffrance ? Cette méthode ne réalise-t-elle pas les souhaits les plus profonds du pouvoir ? Ceux par lesquels il rêve que tous ses sujets lui sont acquis corps et âme. Une multitude prête à donner leur vie pour la raison d’État et qui a définitivement renoncé à la satisfaction de ses propres plaisirs, en l’espèce celui de manger.

Mangeons sans entraves

Les luttes sociales ne peuvent se contenter de poursuivre un but. Elles doivent, être en elle-même, facteur de changement et de transformation. L’imagination et la créativité doivent animer les personnes qui se rassemblent pour changer l’ordre des choses. En se situant sur ce terrain là, le pouvoir se retrouve isolé, destitué, inconsistant. Le combat doit être, devenir ou rester un plaisir, un lieu d’épanouissement et d’apprentissage du goût exquis et enivrant de la liberté. Il s’agit d’affirmer le droit à la jouissance là où il est encore possible et de le revendiquer là où il n’est pas encore.

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Le responsable politique

2 février , 2009 · 4 commentaires

L’usage a consacré le terme de responsable politique pour désigner les élus. Mais le vote fait-il du mandataire politique un individu responsable ? Quels nouveaux individus sortent des urnes ? Les électeurs assument-ils complètement leurs choix ? Sont-ils prêts à supporter les conséquences de leur vote ? La responsabilité est selon l’étymologie l’action qui consiste à « se porter garant de », à « répondre de ». À qui donc peut-être reprocher l’état de notre société ?

L’urne funéraire

L’opération électorale consiste à choisir des représentants et à leur donner un mandat pour exercer les charges qui leur ont été attribuées. Les missions confiées visent l’organisation du vivre ensemble. Pour réussir, l’homme politique va dicter aux citoyens les comportements qu’il attend d’eux.

Dans la théorie politique classique, le vote est donc une opération par laquelle l’électeur transmet une partie de son pouvoir à l’élu. Mais le pouvoir est-il réellement transmissible ? Est-il, tel le corps du Christ qui passe dans l’hostie lors de la communion des chrétiens (catholiques et orthodoxes) , capables de passer de votant au bulletin de vote pour ensuite rejaillir sur le corps politique ? La question mérite d’être posée.

Le pouvoir mis à nu

Le pouvoir n’appartient pas au domaine du factuel, mais de la faculté, il n’a pas de consistance matérielle, mais des conséquences matérialisées. Ce n’est pas une chose c’est un potentiel qui comprend une double dimension : une capacité d’agir et une puissance d’action. En tant que tel, le pouvoir que chacun détient est intransmissible, de la même manière que toute autre faculté telle que voir ou juger. Le seul usage que l’on peut faire du pouvoir c’est de l’exercer ou non.

Autoriser l’interdiction

En ce sens, le vote ne consiste pas à transmettre le pouvoir à un élu. Il s’agit, par contre, d’une part d’autoriser l’élu à user de son pouvoir et d’autre part d’empêcher l’électeur d’exercer le sien. Si l’enjeu du vote était l’amour et non le pouvoir, celui-ci consisterait à autoriser seulement les élus à aimer, les électeurs s’interdisant d’user de cette faculté. La case noircie dans l’isoloir réduit la capacité du citoyen et étend la puissance du politicien.

Déni de responsabilité

Lors de cette transaction, la responsabilité se perd, car dans son essence ce mécanisme nie cette capacité. L’autorisation (d’action) donnée à l’élu et l’interdiction (d’agir) posée à l’électeur conduit à les considérer tous deux comme irresponsables, car incapable d’un faire libre et autonome. Celui qui a besoin d’une autorisation est une personne à charge (donc non libre) tel un enfant. Quant à celui qui se voit interdit, c’est un incapable (donc pas autonome) tel un esclave.

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Soumis au vote

Cependant, la responsabilité ne s’élude pas si facilement. Car, au moment du vote, et uniquement à cet instant, la réalité du pouvoir de chaque individu est, de manière formelle, réaffirmée. Tout électeur est considéré à cet instant comme libre, autonome et responsable. L’enjeu consiste à faire durer cette considération dans le temps. Il faut donc savoir si l’électeur va accepter de porter les conséquences de son vote, à savoir : avoir créé un puissant et s’être rendu incapable.

L’électeur conséquent

Sous cet angle, le responsable politique ne devient plus l’élu, mais l’électeur. La non-action devient dès lors un acte librement consenti et dont les conséquences peuvent être imputées à son auteur, le votant. En outre, tout membre-électeur d’une collectivité politique doit accepter de se porter garant de l’exercice du pouvoir qu’il concède à ses élus. Les choix politiques et leurs conséquences posées par les élus ne leurs sont dès lors pas imputable tant qu’ils relèvent de leur mandat seul le votant peut et doit en être tenu pour responsable.

L’attention à l’abstention

La première question qui mérite une réponse est celle de la participation au vote. Car quelle qu’en soit l’issue, celui qui y prend part cautionne. À moins que sur le bulletin n’apparaisse une case : « Abstention ».

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L’OMC bientôt mise aux pas des droits de l’Homme par l’ONU ?

19 décembre , 2008 · Laisser un commentaire

b147_bsauvetage-affichesVoici une traduction (approximative) du communiqué de presse du rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation.  Celui-ci est un préalable au rapport qui sera déposé en mars 2009 par le Belge Olivier de Schutter. Pour le première fois la question de la conformité des accords commerciaux internationaux avec les droits de l’homme est examinée par un organe de l’ONU.

NATIONS UNIES

Communiqué de presse

Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation

CONCLUSIONS DU RAPPORT SUR L’ORGANISATION MODIALE DU COMMERCE 17 décembre 2008

Le cycle de Doha n’empêchera pas une autre crise alimentaire

GENÈVE–

Alimentation contre agriculture

Dans ce premier rapport, préparé par un expert indépendant de l’ONU, sur ce sujet fortement controversé, le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation de l’ONU, prof. Olivier De Schutter, examine si la libération des échanges dans le domaine de l’agriculture est conforme à la norme reconnue par le droit international, auquel sont tenu les membre de l’OMC, du droit à une alimentation suffisante.

Le rapport est le résultat d’une mission auprès de l’OMC et de consultations avec une large gamme d’acteurs, y compris un certain nombre d’ambassadeurs auprès de l’OMC. C’est la première fois que l’OMC accepte que le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation conduise une telle mission.

Un rapport sur Doha pour son report !

Prof. De Schutter, expert internationalement reconnu en matière de droits de l’homme, présentera ses recommandations concernant la façon de réaliser un système de commerce international de l’agriculture compatible avec les droits humain. Le mandat qui lui été donné par le Conseil de droits de l’homme, le corps intergouvernemental de 47 membres des Nations Unies, est celui de favoriser le droit à l’alimentation. Dans cette perspective, le rapport apporte de nouvelles lumières sur les questions commerciales, et il devrait servir de guide pour les négociations commerciales actuelles et futures.

Le rapporteur spécial ira au delà des technicités du cycle de Doha. Il partagera sa vision quant au nouveau rôle que le commerce agricole devrait jouer à l’avenir, tirant des leçons de la crise alimentaire et de la menace naissante du changement climatique. Deux problèmes, qui avance-t-il, sont énormément sous-estimées dans les négociations actuelle de l’OMC.

Des conclusions pour ne plus conclure

Sa mission à l’OMC l’a également amené examiner les questions controversées telles que les mécanismes de sauvegarde et les « spécificités » des produits agricoles, qui sont au coeur des négociations. Les conclusions de prof. De Schutter devraient encourager les états à ne conclure aucun accord au sein de l’OMC qui serait incompatible avec leurs engagements en vertu du droit international des droits de l’homme.

Le rapport est basé d’une part sur une mission officielle effectuée à l’OMC et d’autre part, sur des consultations avec plusieurs gouvernements nationaux depuis juin 2008. Le rapport officiel sera présenté à la session du mars 2009 du Conseil de droits de l’homme à Genève.

Professeur De Schutter a été nommé par le Conseil de droits de l’homme des Nations Unies en tant que rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation en mars 2008, et il a inauguré son mandat le 1er mai 2008. Son mandat de trois ans est de surveiller et rendre compte du droit alimentaire auprès de l’Assemblée générale de l’ONU et au Conseil de droits de l’homme. Spécialiste des droits de l’homme, Olivier De Schutter enseigne à l’université de Louvain (Belgique) et de l’université de l’Europe (campus de Natolin, Pologne). Il est professeur invité à l’Université de Columbia et membre de la faculté globale d’école de droit de l’université de New York. Il était également précédemment sécrétaire général de la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Contact de presse : Federica Donati/Beatrice Quadranti tél. + 41.22.9179496/9179615 Olivier De Schutter Tel. +32.488.482004

Pour de plus amples informations sur le travail et le mandat du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, visitez la page Web : http://www2.ohchr.org/english/issues/food/index.htm

ps: les titres ont été rajouté.

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L’instinct d’institution

26 novembre , 2008 · 2 commentaires

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Prise d’empreintes

En psychologie et en éthologie, l’empreinte désigne la marque laissée par la première personne ou chose vue et à laquelle un comportement instinctif sera par la suite toujours attaché. C’est ainsi que si vous êtes la première personne aperçue par un oison à la sortie de son oeuf il vous suivra en vous considérant comme sa mère. Dans notre société, où les institutions remplacent les humains et les prennent en charge dès les premiers instants, quelles sont les empreintes laissées par celles-ci ? Quels sentiments et comportements seront développés par ceux qui en seront marqués ?

Naitre au monde ou intégrer la clinique

Dès la naissance, la marque de l’institution se fait plus forte que la marque des individus. En Belgique, l’écrasante majorité des enfants ne naissent pas à la maison, mais à la clinique. Cette pratique n’est pas due aux risques éventuels de l’accouchement, mais relève d’un choix social non rationnel. Hormis quelques cas souvent connus préalablement et statistiquement limités, la naissance est un processus naturel et physiologique qui appartient en tout premier lieu à l’enfant en train de naitre et à ses parents. Par conséquent, le passage quasi obligatoire par l’institution médicale produit une désapropriation de ce moment. L’accouchement devient un acte technique et quasi pathologique. Les parents et enfants ne sont plus que des sujets de l’intervention médicale, des patients du médecin et des clients de la clinique.

Accueil et abandon

De retour à la maison, il est déjà trop tard. La recherche d’un lieu d’accueil pour le nouveau né se fait avant la naissance. Peu nombreux sont les parents qui peuvent encore rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Ici encore, la mission de soins et de protection est confiée à des spécialistes dans des lieux spécialisés. Dans les matins pluvieux et sombres, les parents n’abandonnent pas seulement leurs enfants. C’est leurs places et leurs rôles qu’ils doivent céder à la crèche. Ce que les parents faisaient par amour et gratuitement des professionnels vont le faire par profession et contre salaire.

Collé à l’école

L’habitude est déjà largement prise. L’institution grandit et évolue avec l’enfant. Elle change de forme, mais reste toujours pareille à elle-même. Les règles de fonctionnement de cette société sont déjà largement intégrées. Tout savoir n’a de valeur que s’il s’apprend à l’école, les valeurs n’ont de raisons que si elles ont un sens pour l’école. La vie émotionnelle, intellectuelle et morale du jeune s’articule autour des besoins et priorités de l’institution scolaire. Ce n’est qu’en tant qu’élève que l’enfant devient individu. La route est ensuite toute tracée pour intégrer le monde professionnel.

Enfants d’institution

L’institution c’est un monde dans le monde ou plus exactement un monde hors monde. Elle fonctionne selon ses propres règles et poursuit ses propres finalités. Comme tout organisme (organisation) son but principal est d’assurer sa survie, peu importe son projet socialement autoproclamé. Pour se faire, il est important qu’elle s’aliène les individus, qu’elle devienne pour eux indispensable (qu’elle les dispense de penser). Il s’agit à chaque fois du même mécanisme qui consiste à rendre les personnes incapables et dépendantes. Les parents et les enfants sont rendus inaptes à mettre au monde leurs enfants, les soigner, les nourrir, les protéger, les éduquer et les former. La clinique, la crèche et l’école sont là pour assurer le relais face à cette défaillance socialement crée.

C’est ainsi que les parents sont chaque jour socialement discrédité dans leurs fonctions essentielles. D’une part, ceci les rend incapables de développer les compétences pour être un modèle libre, autonome et responsable pour leurs enfants. D’autre part, même s’ils ont ces compétences les institutions ne leurs laissent que peu ou pas de place pour être se modèle.

Les enfants quant à eux nourrissent une dépendance croissante pour les institutions auxquels ils doivent tout. C’est à elles que vont aller l’amour filial et la loyauté qui y est attachée. Par ailleurs, leurs rapports aux autres (et à leurs parents en tant que premier interlocuteur) n’auront de valeur que tant qu’ils seront organisés, gérés et cautionnés par les institutions seules garantes de la vie sociale.

Instituer la désinstitution

Les institutions ne sont pas bonnes ou mauvaises en soi, elles sont nécessaires à la vie sociale. Il faut cependant bien garder à l’esprit que la frontière entre organisation et asservissement est mince qu’il faut donc être vigilant pour la garantir. Pour ce faire, il est crucial de réorganiser nos institutions afin de mettre celles-ci au service du développement de la liberté, de l’autonomie et de la liberté de chacun et de tous.

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L’économie participaliste: une économie pour demain?

1 novembre , 2008 · Un commentaire

Richesse

Richesse

Le futur des possibles

Profitons de ce moment de crise pour oser repenser l’économie. Actuellement, deux options sont ouvertes. Soit, le système (capitaliste), moyennant quelques réformes, traverse la crise et assure sa pérennité (comme il l’a toujours fait). Soit, il chute et se fait remplacer par un nouveau système. Dans la première hypothèse, la structure étant inchangée,  notre mode d’organisation économique et social restera donc “un système violemment injuste mais également profondément inefficace” (T. Discepolo). Dans la seconde hypothèse, la nature et le type des nouvelles règles mises en place risquent d’être pire que précédemment car les gens auront faim, soif et peur. Pour remplacer l’un ou conjurer l’autre il est crucial d’avoir une vision de ce qu’il serait souhaitable de mettre en place et en pratique comme nouveau modèle économique.

Tel est la démarche, de Michael Albert dans son ouvrage “Après le capitalisme – Éléments d’économie participaliste”. Son modèle, mérite d’être connu, mis sur le banc d’essais, critiqué, amélioré.

Principes de l’économie participaliste

“Elle a pour principes une rémunération du travail en fonction des efforts et des sacrifices qui sont réellement investis, une démocratie de conseil, une division du travail fondé sur la redéfinition de l’emploi comme un ensemble équilibré de tâches professionnelles et un système de répartition basé sur la planification participaliste. Au delà de la production et de la distribution nécessaires à la satisfaction des besoins et au développement de l’humanité, les valeurs promues sont la solidarité, l’équité, l’autogestion et le respect des différences” (p. 30).

L’économie participaliste n’est pas dogmatique, elle se veut souple et a pour vocation d’être modifiée, améliorée au gré des expériences. De plus, elle est concrète, pragmatique et évolutive. Nombreux de ses principes sont directement applicables moyennant une certaine volonté de faire autrement.

Une rémunération équitable

“Une rémunération équitable, sur le plan moral et jouant son rôle incitatif, suppose qu’elle soit plus élevée en faveur de ceux qui font le plus d’effort et de sacrifices en exécutant un ensemble de tâche nécessaire à une société affectant correctement ses capacités et ses ressources” (p. 54).

L’enjeux est de passer d’un mode rémunaratoire basé sur le profit et les rapports de force à un mode basé sur l’utilité social et l’évaluation collaborative. Pour y parvenir il faut, dans un premier temps redistribuer les revenus. La taxe (sur le profit, la fortune, l’héritage,les produits de luxe, les revenus) est l’instrument adéquat pour organiser cette redistribution. Les revenus qu’elle génèrerait seraient prioritairement consacrés aux politiques de plein-emploi, d’augmentation du salaire minimum, de redistributions collectives (santé, éducation…), d’impôts négatif et d’augmentation salariale.

L’autogestion

“Nous appelons autogestion la participation de chacun à la prise de décision à proportion des conséquences qu’elle implique pour lui” (p.75).

Afin de ne pas échouer, il est important de pouvoir distinguer si la décision engages quelques-un ou tout le monde et de ne pas se laisser aveugler par les techniques décisionnelles. Le partage des connaissances est essentiel pour la prise de décision. La fiabilité, la diversité et l’impartialité des sources d’information doivent être garanties.

Pour réaliser l’autogestion, il peut être utile de créer des conseils de travailleurs et de consommateurs,démocratiser l’accès à l’information, démocratiser le processus décisionnel sur le lieu de travail, d’augmenter les pouvoirs des consommateurs sur les questions de production, démocratiser les budgets sociaux.

La dignité du travail

Nous définissons chaque emploi non pas comme un ensemble de tâches impliquant plus ou moins le même niveau de responsabilité, mais comme une combinaison de fonction incluant des niveaux de responsabilités différents dont la somme correspond au niveau moyen dans la société” (p. 96).

L’enjeux de cette dignité au travail c’est d’améliorer l’égalité, la participation et la responsabilisation de tous. La première étape consisterait à augmenter le niveau de dignité des emplois les plus dégradants. Il faudrait, ensuite, introduire des tâches moins qualifiées au plus haut niveau afin de créer un nouveau juste milieu.

La répartition participaliste

“La point important est que le problème de l’équilibre générale entre la production et la consommation qui doit tenir compte des coûts et des bénéfices sociaux peut être résolu de façon coopérative plutôt que par des méthodes nuisibles tant du point de vue des individus que de la richesse produite et au détriment des principes que nous souhaitons nous donner” (p. 125).

La planification participaliste repose sur deux piliers principaux: des conseils participatifs démocratiques et une diffusion à grande échèlle de toutes les informations nécessaires pour prendre des décisions dans le domaine économique” (p. 146).

Cette méthode se veut hors de la dualité marché-planication centralisée. Elle premettrait d’assuer une meilleure tarification (prise en compte des couts sociaux), un partage et une solidarité accrue, une prise en compte des besoins humain, une démocratisation des budgets, plus de loisirs et moins de travail.

La société de demain

“L’économie participaliste produit, consomme et répartit de façon à répondre aux besoins et contribuer au développement des capacités de tous. Pour autant, une bonne économie n’est pas suffisante pour garantir une société juste” (p. 153).

Revolt in the poultry

Revolt in the poultry

C’est ainsi qu’audela de l’économie cet ouvrage nous invite à repenser également la question de l’égalité des sexes et des races, l’éducation, l’écologie, l’Etat, les relations internationales. De plus, il se conclut par un programme appelé à s’appliquer au sein de nos propres mouvements.

Le programme de l’économie participaliste est conçu pour obtenir à court terme une amélioration de la vie du plus grand nombre tout en établissant les bases nécéssaires à d’autres avancées et parvenir à long terme à une économie participaliste” (p. 173).

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Rassemblement – Brabant Wallon – Flandre, lettre ouverte à tous les brabançons !

10 octobre , 2008 · Laisser un commentaire

Par Roy Ellaci, Bruxelles

En ces heures difficiles de tensions communautaires sur fond de crise économique, il me semble que l’heure est venue de choisir son camp. Ainsi, nous les brabançons francophones sommes culturellement, économiquement et historiquement bien plus brabançons que wallons ou néo-bruxellois. C’est la bannière du fier lion brabançon qui a vu naître nos aïeuls, qu’ils soient francophones ou néerlandophones, qui a flotté sur Bruxelles, notre capitale, et qui a orné la demeure des Ducs de Brabant, nos leaders historiques.

Marguerite de Brabant, femme de Louis II des Flandres

Marguerite de Brabant, femme de Louis II des Flandres

Reconnaissons-le : nous ne nous sentons pas wallons. Notre sens germanique de la discipline et notre ardeur au travail qui ont fait notre réussite économique se distinguent du laisser-faire et de la latine incurie wallonne. Si les entreprises les plus dynamiques et les multinationales les plus prestigieuses ont choisi notre territoire pour leur développement européen ce n’est pas le fruit du hasard ! Dès lors, j’en appelle à tous les brabançons pour qu’ils fassent pression sur nos mandataires politiques afin que, lorsque l’inéluctable scission du pays frappera à nos portes, le Brabant Wallon fasse le choix du réalisme, de la raison et de l’objectivité historique : celui de rejoindre son frère septentrional et ses cousins flamands. Monsieur Gendebien et son Rassemblement Wallonie France peuvent emporter le reste de la Wallonie officielle outre-quiévrain, notre province suivra elle sa propre voie : celle du rassemblement Brabant wallon – Flandre !

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Travail et révolution

29 septembre , 2008 · 4 commentaires

conseil d'administration

conseil d'administration

Retour en arrière pour un grand bon en avant

Il est de plus en plus urgent de penser “révolution”. Les crises, qui se multiplies, tant en genre qu’en nombre, invitent à une réflexion profonde. La société vue comme création humaine est d’une navrante déception. Les moyens qu’elles développent ne font que suivre le courant dominant. Il est impératif de révolutionner nos modes d’être au monde, de revenir dessus afin de les faire rouler dans une nouvelle direction.

Le travail, de par l’incidence qu’il implique en terme de transformation du monde, mérite la plus grande attention. Cette méthode particulière d’organisation de l’activité des individus n’a théoriquement pas de frontières. C’est par elle que sont vécus la plupart des rapports sociaux. C’est elle qui monopolise les catégories d’identification sociale. C’est elle aussi qui organise le rapport aux temps et aux choses. Et c”est, enfin, principalement à travers elle que s’élabore le contenu et la forme du vivre ensemble.

La fabrique du sens

Mis à part les sphères familiales et militantes, c’est dans et par le travail que la question du “sens de l’être au monde” trouve une réponse. Ce phénomène est aisément explicable d’une part, par la puissance créatrice que le travail renferme, et d’autre part par la résistance psychique à la dissonance cognitive.

La travail est l’activité qui consomme le plus l’énergie créatrice des individus. Soit cette consommation se fait par annihilation, ce qui est le cas des travaux répétitifs et abrutissants. Soit par absorption, ce qui se produit sur tous lieux de travail où seule l’activité proprement créatrice est garante du bon fonctionnement (comme en atteste les grèves du zèle).

Cependant cette activité créatrice est principalement hétéronome, dictée de l’extérieur. Elle s’avère donc, en soi, incapable de produire du sens qui fasse sens pour le travailleur. Ce n’est donc qu’au travers d’un mécanisme qui consiste à, soit minimiser l’importance du travail, soit (plus fréquemment) à adopter les valeurs véhiculées par les promoteurs de la force productive que le travail fait sens pour les individus.

L’incapacité du travail

Le travail, dans son fonctionnement et son mode d’organisation actuel, se révèle donc incapable de susciter une réflexion autonome sur l’être au monde et sur le vivre ensemble. Ceci s’explique par la place qui est généralement accordée à l’humain sur le lieu de travail. Dans le majeur partie des cas le lieu de travail n’est pas, contrairement à ce qui en est généralement présenté, un moyen d’émancipation.

Car tous moyens est une fin en soi. Et si, la fin du travail est l’émancipation, sa pratique se doit d’être émancipatrice. Hors le travail ne permet pas à se soustraire à la propriété d’autruis, il vise majoritairement à s’y soumettre (le salariat). L’action et la réflexion libre n’y ont pas leurs places, hormis dans les quelques espaces acquis de haute luttes et aujourd’hui sclérosés par manque d’ambitions (les syndicats).

Révolutionnaires, au travail!

Des pratiques de travail libre ont déjà été misent en oeuvre par le passé (Russie 1917, Hongrie 1956, Espagne 1936,…). Leurs disparitions se sont faites par l’écrasement dans le sang et non par leurs incapacités en terme d’effectivités. Leurs mises en place ne relèvent donc pas de l’utopie mais du courage. Le lieu de travail recèle un potentiel révolutionnaire insoupçonné. C’est là, en effet, que peuvent être mis en place des outils créateurs et pédagogue de liberté que sont les conseils de travailleurs. C’est sur le lieu de travail que peut s’expérimenter la surpression de l’inutile hiérarchie. C’est là, par la délibération avec des groupes de consommateurs ou d’usager, que peut s’élaborer une transformation pratique et démocratique du monde. C’est là, que les gens ont un savoir et une connaissance qu’il est essentiel de partager pour faire avancer la délibération.

Demain c’est jour de paye

Le travail peut être une pratique révolutionnaire mais pour se faire il faut qu’il endosse un nouvel habit. Sa forme doit être revue de fond en comble et doit incarner la révolution ici et maintenant. Ce n’est qu’à travers une application des principes révolutionnaires (liberté, égalité, démocratie,…) que le monde de demain sera révolutionné.

Quelques oeuvres pour aller plus loin:

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Redressement wallon : soyons audacieux !

18 septembre , 2008 · Laisser un commentaire

Par Roy Ellaci, Bruxelles

“L’Armée belge, que je sache, est le seul produit qui ne sera pas régionalisé” déclarait récemment dans les colonnes d’un grand quotidien francophone, Pieter De Crem, ministre flamingant de la défense. Cependant, dans le cadre de l’inéluctable scission du pays, les francophones ont tout à gagner à une armée régionalisée. Une armée wallonne, fière et indépendante pourrait en effet constituer le fer de lance d’un renouveau économique wallon.

Expliquons-nous. Le tout proche paradis fiscal luxembourgeois et sa très prospère industrie bancaire ne possède qu’une armée terrestre de moins de 1000 hommes. Des forces armées wallonnes, fortes même seulement de 5000 guerriers, n’en feraient par conséquent qu’une bouchée. Or, l’acquisition de ce minuscule territoire dont la taille est inversement proportionnelle à la richesse, nous apporterait avant tout les juteux bénéfices de ses banquiers, terreau fertile où cultiver les germes de l’avenir wallon. Le retour du Grand-Duché dans le giron wallon ne serait par ailleurs qu’un juste retour des choses, celui-ci faisait en effet partie intégrante du royaume de Belgique jusqu’en 1839, date à laquelle il nous fut volé par les puissances voisines de l’époque.

Ainsi, la manne financière grand-ducale dûment réintégrée, par l’épée si nécessaire, ramènerait à la vie une Wallonie disposant enfin des moyens de ses ambitions.

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État de la nation

24 août , 2008 · Laisser un commentaire

Diana Ong - Nation

Diana Ong - Nation

La crise institutionnelle est une belle opportunité pour réfléchir sur l’État en général et la Belgique en particulier. Quels en sont les origines et les fondements de cet État? Comment s’organise la répartition du pouvoir? Quels sont les mythes qui l’entoure? Cette méthode d’organisation social doit-elle être défendue ou combattue?

De la notion d’État à l’État-nation

Il est généralement (mais pas unanimement) reconnu que l’État est un mode d’organisation politique caractérisé par la souveraineté, c’est à dire le droit d’exercer le monopole du pouvoir (donc de la contrainte) sur une population et à l’intérieur d’un territoire. A fil du temps cette notion de souveraineté a évolué.

Dans un premier moment, l’État se confondait avec la possession personnelle du monarque. La souveraineté sur la population et son territoire se voulait totale et servait à assouvir les intérêts du chef. Personnage qui, par la grâce divine savait ce qui était bon et juste pour la population.

Ensuite, en réaction aux abus des monarques, la souveraineté a fait l’objet de luttes qui se sont soldées par les révolutions moderne de la fin du XVIII° siècle. Ces révolutions vont aboutit à une nouvelle forme d’État, l’État de droit. L’idée est que sa puissance est trop importante et que pour éviter les abus et excès, il faut le soumettre, le limiter.

Pour finir, sous la poussée des mouvements démocratiques issus des révolutions, apparait la théorie de l’État-nation. La nation est une notion qui va permettre à la population de s’identifier à la nouvelle forme de l’État. Il devient la propriété du peuple, l’instrument qui va permettre de libérer la population du besoin.

Le Roi est nu

La souveraineté étatique est donc passée par trois stades, absolue, limitée et partagée. Il est donc essentiel de comprendre comment et pourquoi ceci c’est fait comme cela et quelles en sont les implications.

Le stade le plus crucial est le deuxième. A cette époque, les habitants des villes (les bourgeois), ont vu leurs richesses et leurs pouvoirs augmenter de manière telle qu’ils ont pu se confronter aux monarques. Le résultat de cette lutte entre une vieille classe aristocratique déclinante et une nouvelle classe bourgeoise montant est visible encore aujourd’hui. Ce qui a été brisé et pillé a ce moment là, c’est le monopole du pouvoir de l’État, dorénavant celui-ci sera partagé avec les nouveaux venus.

Derrière ces révolutionnaires bourgeois sont ensuite arrivé les démocrates qui ont envahis les palais (vidé de leurs substances) et décapités les Roi (qui n’avait déjà plus que leurs titres). La souveraineté héritée par l’État-nation n’est plus que le fantôme de celle détenue par les monarques d’antan. L’État de droit bourgeois a organisé l’impuissance de l’État-nation du peuple.

L’oignon fait la force… mais quant on le pèle il fait pleurer

En Belgique tout les ingrédients sont présents pour une analyse de cas.

Un Roi qui est toujours en place. Ce symbole de la souverainté absolue à la tête de l’État permet d’entretenir le mythe de la toute puissance étatique. Une nation qui se cherche et se déchire. Ici, c’est l’idée du peuple souverain et maitre de sa destinée qui est mis en scène. Le débat ne concerne que la forme de l’État (fédéral, confédéral, autonome…) mais son fond troué reste masqué.

L’État est mort, vive l’État

Sous sa forme actuelle l’État est dangereux car il est doublement déficient. D’une part d’un point de vue opérationnelle il est inefficace et ceci profite en creux aux autres institutions de pouvoir. D’autre part, démocratiquement il est inachevé. La nation n’est toujours pas le peuple.

Malheureusement cette double impuissance n’est pas reconnue. Ce qui empêche dès lors d’avoir de vrai débats sur la place de l’État dans les enjeux qui concerne la population et sur le type d’État.

La lutte qui doit être menée est celle pour la démocratie (le pouvoir du peuple). Dans ce combat l’État peut devenir une forteresse ou une prison. Tout l’art consiste à garder les yeux ouvert vers l’horizon afin de savoir si cette forme d’organisation sociale le bouche ou l’ouvre.

Prison d'Alcatraz

Prison d'Alcatraz

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Militance parentale

16 août , 2008 · Laisser un commentaire

Naissance du parent

Gustave Courbet L'origine du monde

Gustave Courbet: L'origine du monde

L’arrivée d’un enfant est une occasion unique offerte pour chaque (futur) parent de se positionner face à ce qu’il est et surtout face à ce qui l’a fait être ce qu’il est. La venue et le devenir d’un nouvel humain méritent une attention et une réflexion profonde sur les comportements à adopter à son égard. Il convient de ne pas appliquer de manière aveugle les habitudes éducatives héritées des générations précédentes.

Éducation parentale

La première personne que le parent est appelé à éduquer c’est lui-même. Il lui faut reconnaitre que le métier de parent n’est pas inné mais acquis (par l’exemple le plus souvent). Ceci signifie que la plus part des croyances et comportements adoptés par le parent peuvent être mis en question. Cette analyse doit porter sur les valeurs et pratiques éducatives véhiculées tant par la culture familiale que par la société et qui sont endossées par le parent. L’objectif de ce travail (de type socio-analytique et psycho-analytique) est d’une part de mettre à jour la différence entre les buts (avoués et inconscients) poursuivis et les résultats obtenus et d’autre part, au regard de cette différence, d’examiner et de juger les moyens mis en œuvre.

Prophétie auto-reproductrice

En ce qui concerne les finalités poursuivies, il est primordiale de noter que celles-ci sont porteuses d’une certaine conception de la nature humaine qu’il s’agirait de maitriser et de posséder par l’éducation. Sur cette base est mis en place toute une série de techniques et pratiques éducatives qui ont pour conséquence et résultat d’aboutir à la création d’un individu conforme à la nature qui lui a préalablement été assignée. Hors cette prétendue “nature humaine” n’est souvent qu’un cache-sexe de croyances, prétendument scientifique, imperméable à toutes remises en question. C’est ainsi que la première étape de la démarche éducative consiste à figer le nouveau venu dans un moule qui ne faut ensuite plus que remplir.

L’Être ne nait pas, il devient

Le résultat de l’éducation c’est le monde tel qu’il est comme création humaine. Les rapports humains y sont organisés de manière hiérarchique et autoritaire. Les protagonistes doivent tenir l’un des rôles assignés, celui du faible ou du fort. Le développement de l’enfant y devient un parcours d’épreuve dont l’issue nécessite de sa part qu’il adopte le comportement souhaité. L’enjeux c’est d’arriver le plus tôt possible à le couper de son propre lien avec la vie.

Parents légitimes

L’enfant est une personne, dès sa naissance et doit être traité comme tel. En pratique ceci signifie que, conforment à l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’Homme, les enfants sont libres et égaux, non seulement entre eux mais également vis-à-vis des adultes. Tous comportements vis-à-vis d’eux (ou des adultes) n’est donc légitime que s’il remplit cet objectif. Les seules limites tolérées sont celles qui concernent la protection. La question de l’opportunité de diverses pratiques peut donc être posée.

Cas pratiques

Laisser pleurer un enfant est-ce le rendre libre ou bien est-ce lui apprendre que la liberté des adultes leur permet de ne pas porter assistance à quelqu’un en détresse. Mettre un bébé de trois mois en crèche, n’est-ce pas lui apprendre que les institutions sont plus compétantes que ses parents pour s’occuper de lui. Mettre un enfant devant la télévision n’est-ce pas lui enseigner que le monde n’est qu’un espace fictif dans lequel tout ce qui compte c’est l’apparence. Mettre un enfant à l’école n’est-ce pas considérer qu’il ne sait rien et que les seules connaissances valables sont celles autorisées par l’état. Être agressif envers un enfant n’est-ce pas lui montrer que l’on croît que cette méthode est efficace.

Les premiers pas

Devenir parent est un acte militant. L’éducation n’est pas toute puissante, mais le monde actuel montre quels ravages elle peut faire sur le principe d’autonomie des individus. Voir l’enfant comme dépendant c’est le considérer comme incapable. Hors, l’enfant, comme l’adulte, a une vie qui n’est possible et qui n’a de sens qu’au sein de la communauté humaine. Faire l’éducation d’enfants c’est accepter de s’éduquer avec eux et par eux. Se comporter face à un enfant c’est créer le monde de demain.

Quelques ouvrages pour aller plus loin:

Françoise Dolto, “lorsque l’enfant parait (3tomes)”

Ivan Illich, “une société sans école”

Alexander Sutherland Neill, “La liberté pas l’anarchie”

Alice Miller, “L”enfant sous terreur”

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