Qu’il s’agisse d’individus, d’associations, de partis ou de syndicats, les acteurs du changement social sont souvent convaincus que réforme et révolution sont des postures antagonistes voire antinomiques. C’est ainsi que la révolution est fréquemment sacrifiée à l’autel du réformisme. Pour quelles raisons celles et ceux qui veulent changer le monde finissent-ils par y renoncer ? Quelle est la place et le rôle du réformisme dans une perspective révolutionnaire ? Comment instaurer une dynamique révolutionnaire dans une pratique réformiste ?
Les formes de l’évolution
Dès qu’il se met en action, le militant conteste l’ordre établi. L’insatisfaction est son premier moteur. C’est sur base du constat qu’il fait qu’il décide de se mettre en mouvement. Sa critique de la situation l’enjoint à agir en vue d’un mieux. Ce refus du système qu’il pose comme fondement de son action future est une attitude révolutionnaire, dans toute sa simplicité. Cette critique radicale des errements du passé permet d’envisager les potentialités à venir.
La révolution est de l’ordre du dire. La révolution n’est jamais atteinte. Elle est une aptitude de l’esprit qui repousse sans cesse les limites qui le constitue. Elle est un processus dynamique, capable de critiquer ses propres fondements.
La réforme relève du domaine du faire. Celle-ci est toujours contextualisée et trouve à se réaliser. Elle a pour point de départ et d’aboutissement le domaine du concret. La réforme implique de percevoir le monde et de l’accepter en tant que tel. Par la réforme le monde se re-forme.
Conformément rebelle
Chacune de ces deux facettes sont fragiles et sont susceptibles, dès lors que l’une est privilégiée au détriment de l’autre, de se nuire mutuellement. Dans les deux cas, le mécanisme conduisant à ces écueils est le même. Il s’agit de la cohérence brandie comme une vertu. Par fidélité à ses idées, le révolutionnaire est amené à ne participer à la société que sur le mode du refus, sa révolution devient alors une rébellion. Or, le révolté est celui qui met en mouvement et le rebelle celui qui entre en guerre. Par accord avec ses actions, le réformiste quant à lui ne va plus oser remettre en question ce qu’il a contribué à établir. De réformiste il devient conformiste. L’un et l’autre deviennent alors incapables de changer le monde.
Fusions et acquisitions
Pour éviter de tomber dans ces pièges, il apparait utile de combiner voire d’intégrer ces deux attitudes. Chacune se nourrissant et s’épanouissant au contact de l’autre. Toute critique du système doit donc s’accompagner d’une action visant à réaliser ce qu’elle propose. C’est au travers de cette confrontation au concret que la critique peut se faire plus fine, plus pertinente et plus profonde. A l’inverse, c’est grâce à une analyse aiguë que l’action peut être efficace, efficiente et féconde.
Vertu pédagogique
En pratique, il s’agit de réintroduire dans les mouvements « révolutionnaires » une véritable pratique sociale capable de toucher le cœur de la cité, en interaction avec ses citoyens. Pour les « réformistes », il va falloir développer une critique radicale de leur propre pratique en vue d’en permettre le dépassement. La nouvelle vertu ne doit plus être la cohérence, mais la lucidité. C’est au travers de ces changements dans les manières de dire et de faire, qu’une véritable pédagogie militante peut émerger. Le révolutionnaire doit démontrer que des changements sont indispensables et le réformiste doit prouver qu’une auto-critique profonde est nécessaire.
Cette réunion permet l’émergence d’un militantisme au quotidien, en n’oubliant pas que la révolution est pour demain. Les personnes et les organisations doivent être conscientes que si elle veulent poursuivre leur But, elles doivent dès aujourd’hui semer les germes de la transformation de ce qu’elles ont déjà acquis. Si ce n’est pas elles qui le font, d’autres s’en chargeront…



réalisant, par l’extrême, l’absurdité et l’inhumanité du système. Il affirme son appartenance à la collectivité en devenant celui qui applique la loi mieux que quiconque. C’est lui qui refuse de nourrir cet étranger qui doit aller se nourrir ailleurs. En tarissant sa faim, c’est son étranger indésirable que le migrant tente de faire disparaître.
Voici une traduction (approximative) du communiqué de presse du rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation. Celui-ci est un préalable au rapport qui sera déposé en mars 2009 par le Belge Olivier de Schutter. Pour le première fois la question de la conformité des accords commerciaux internationaux avec les droits de l’homme est examinée par un organe de l’ONU.






