Échos de l’Agora

Entrée de juillet 2008

Congés en solde

31 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts

Vacance à la plage de Lowelle Herrero

Vacances à la plage de Lowelle Herrero

Cette phrase de Nietzsche a-t-elle inspiré la philosophie des congés payés ? Les vacances sont un des moteurs cachés du système moderne. Elles lui permettent, non seulement, d’éviter l’essoufflement mais en plus d’encourager et de favoriser son expansion. Elles remplissent également un rôle idéologique important, qui cadenasse l’imaginaire utopique.

Nudisme et naturisme

Les vacances ont réussi à se présenter comme un temps de liberté. La seule affirmation de cette prétention devrait suffire à attirer l’attention. Il est temps de les mettre à nu, d’examiner leur véritable nature. Le congé et la vacance ne sont que des moments d’une histoire plus grande. Ils n’ont de sens que par rapport à la période qui les englobe, celle du travail salarie, du temps vendu. Le congé n’est qu’une “autorisation”, la vacance une “absence de”. Voilà ce que l’étymologie révèle. Ces instants restent la propriété d’un autre qui en autorise un usage différent, ou plus exactement un non-usage.

Se changer les idées pour ne pas en avoir

La véritable destination de voyage c’est le point de départ, le lieu de travail. À aucun moment, il n’est envisagé que le travailleur ne rentre pas. Quelle que soit la distance parcourue, la longe est toujours là. Comme pendant la permission du milicien durant laquelle il reste soumis aux juridictions militaires, le salarié reste soumis au contrat de travail, il est payé par son employeur. Il est donc tenu de se reposer, de prendre du bon temps, de recharger ses batteries. Car attention, dès le retour il va falloir à nouveau qu’il se fatigue afin de mériter le repos suivant. Il s’agit d’un devoir et non d’un droit. Prendre des vacances devient une question d’éthique professionnelle.

“Lost minute” et “tout-cons-prix”

Pour s’assurer que cet espace-temps ne devient jamais lieu d’une quelconque revendication, il est géré de part en part. Il y en a pour tous les gouts, du “all-include” au “routard”. L’important c’est de rester à tout moment acteur de cette grande mascarade, spectateur de la vie. Le contenu de ce grand vide temporel ne peut et ne doit être remplis que par du consommable. Dépenser sans penser est le mot d’ordre. En même temps que les vacances, c’est l’idée de liberté qui s’achète et se vend. Une liberté dont la principale caractéristique est d’être inopérante, car par définition rien ne se passe pendant les vacances.

Société des loisirs

Voilà comment en un tour de passe-passe le système réduit à néant la plupart des pulsions de déconnexions. Il organise lui-même, de manière totalement fictive, sa propre vacance, sa propre absence. L’idéal utopique et révolutionnaire devient alors le camping résidentiel. Au “métro-boulot-dodo” il n’est désormais plus opposable que le “see-sex and sun”.

Kit de survie

Tout n’est pas perdu. Les véritables pulsions de liberté, la créativité et la jouissance accompagnent l’aventurier à tout moment. Le temps c’est la vie qui s’exprime et il n’appartient à personne. Les véritables vacances sont celles où cesse la soumission. Elles doivent être prises dans tous les moments du temps officiel.

Les montres molles de Salvador Dali

Les montres molles de Salvador Dali

Catégories : Économie
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Le salaire quotidien

26 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Réhabiliter la valeur travail

Le “home-banking”, les compagnies “low-cost”, Ikéa, “taxe-on-web” et autres formes de “do-it-yourself” sont-elles en train d’inaugurer une nouvelle aire du salariat ? Le système économique ne se contente plus de demander à l’humain qu’il vende son temps, ses capacités, ses connaissances, sa force de travail, en échange d’un salaire qui doit lui permettre de survivre. Dorénavant, le travail est une valeur autosuffisante qui se passe de tout gratification salariale.

Le salaire, c’est une perte

Jusqu’à il y a peu, la production et la répartition de richesses suivaient une structure assez simple. Au sommet, il y a ceux qui possèdent (la richesse, l’information, les moyens de production, les moyens de répression). En dessous, se trouvent les travailleurs qui n’ont que leur force de travail. Ceux-ci se vendent aux premiers pour pouvoir exploiter leurs possessions. Ce travail crée une plus-value dont une part va au travailleur sous forme de salaire et une autre au possesseur sous forme de bénéfice.

Le but du possesseur en régime capitaliste c’est d’augmenter sa possession. Ceci n’est possible que par deux moyens. D’une part, il s’agit de s’assurer que de plus en plus de personnes travaillent sur les possessions, afin d’augmenter la plus-value. D’autre part, il faut augmenter les bénéfices, donc réduire la part de cette plus-value versée aux travailleurs.

Délocalisation domestique

Certaines compagnies ont réussit un tour de force pour augmenter leurs profits. Elles se sont débarrassées de leurs employés traditionnels et ont mis au travail la quasi-totalité de leurs clients, tout ceci sans leur verser le moindre salaire et en continuant à leur facturer aux prix fort quelques services minimaux.

La facilité avec laquelle ces nouvelles pratiques se sont installées a de quoi inquiéter. Le peu de réaction qu’elles ont suscité en font un précédent dangereux. Le risque de voir de telles méthodes s’étendre est réel tant les profits potentiels sont énormes (théoriquement, tout ce qui est actuellement versé sous forme de salaire).

La limite actuelle de ce système, qui explique sans doute son acceptation, est que la prestation effectuée par l’individu lui est au final destinée. Cependant, ces tâches (taxe-on-web, billet d’avion par internet,…) génèrent une plus value qui ne se répercute que de manière marginale dans le prix finalement exigé.

L’emploi du temps

Il est temps de réagir avant que ne disparaisse complètement l’unique et maigre contrepartie du travail: le salaire. Premièrement, savoir qui sont les multiples et nouveaux employeurs (banque, compagnie aérienne, administration,…) est essentiel. Ensuite, il faut comptabiliser les heures de travail effectuées. Au final, chacun est appelé à réclamer son salaire par un courrier reprenant le calcul détaillé (nombre d’heures effectuées X salaire horaire d’un employé du secteur = salaire dû).

La plus grande part du “temps libre” était déjà consacrée au travail (se reposer pour être rentable, se nourrir pour ne pas être improductif, se déplacer pour aller travailler, se reproduire pour garantir la pérénité du système). La tendance actuelle vise à orienter encore plus celui-ci vers l’enrichissement des possesseurs et l’aliénation de l’humain.

Catégories : Économie
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Sans-papiers mais sous contrôle

23 juillet , 2008 · 3 commentaires

Remarques préliminaires

La présente réflexion ne vise aucunement à discréditer le mouvement des sans-papiers dans leurs luttes pour la reconnaissance d’une dignité et d’une égalité qui leur sont actuellement refusées. La situation actuelle qui en fait des sous-humains est inacceptable. Le premier des droits, c’est celui d’en avoir. L’homme qui n’a pas de droit n’a pas de place dans la société, c’est un objet. L’homme-objet c’est un esclave et ceci doit être combattu.

La voie du maître

Il est important de voir comment le pouvoir guide et oriente les revendications afin d’obtenir un résultat qui lui sera utile et rencontrera ses propres intérêts. Les seules solutions envisagées pour la problématique des sans-papiers sont la régularisation et l’expulsion. À aucun moment le débat officiel ne peut sortir de ces perspectives. Dès lors, deux questions surgissent: en quoi la régularisation et l’expulsion servent-elles les intérêts du pouvoir ? D’autres solutions sont-elles envisageables ?

La carotte et le bâton

Sans doute est-il plus aisé de commencer par le plus dur, les expulsions. Le rôle sociologique de celles-ci est évident. Il s’agit de faire peur et par là même de susciter deux types de comportements: la fuite ou la tétanisation. De cette manière, une sélection sociale s’effectue. Les plus faibles rentrent chez eux (de gré ou de force) et les plus adaptés sont ceux qui arrivent à se faire oublier qui restent dans l’ombre. Au final, il ne reste qu’une population qui travaille (car sans protection sociale), durement (car non légalement reconnue) et en silence (car elle a tout à perdre).

Face à ce volet répressif la seule solution avancée c’est la régularisation. Récompense ultime accordée à ceux qui ont correctement intégré les normes et comportements souhaités. D’une part, les principaux critères de régularisation qui seront finalement retenus seront économiques. Les intéressés devront répondre positivement à la question: êtes-vous capables d’accepter de travailler sous n’importe qu’elles conditions ? Ce qui permet de tirer vers le bas tous les acquis de droit du travail. D’autre part, le résultat de la régularisation c’est, sous couvert de protection, la mise sous la tutelle des nouveaux arrivants par l’État. Voilà la réelle signification de la régularisation.

L’obtention de droits et la garantie de voir ceux-ci protéger ne sont pas en soi liées à la délivrance de papier. Le lien entre les deux n’est pas naturel, mais politique. L’objectif principal de tout document d’identité n’est pas la protection, mais bien le contrôle. Les droits ne sont subordonnés aux contrôles qu’en raison d’une logique propre au pouvoir, celle de l’apartheid social selon lequel un être humain n’égale pas un autre être humain.

Le juste et l’acceptable

D’autres pistes peuvent et doivent être discutées. Il est important que le débat dépasse les limites imposées par l’autorité et devienne chose publique. Ce n’est qu’à cette condition qu’il pourra refléter l’intérêt de tous. Deux domaines méritent donc d’être examinés: les causes des migrations et les conséquences de celle-ci.

En ce qui concerne les causes de la migration, une parait plus importante que les autres. C’est la question de la répartition des richesses. Contrairement à ce qui est officiellement proposé, la solution ne relève pas de l’aide au développement (ce qui permet à l’État de se mettre dans la position du dispensateur d’aide, donc du gentil). Mais bien dans les programmes de politiques économiques et commerciales. Revisiter notre mode de développement économique en ayant pour finalité une meilleure répartition des richesses mondiale est une piste à explorer et discuter.

Une des plus graves conséquences de la migration dans notre société ne pèse pas sur notre système de sécurité sociale, mais bien sur la vision générale que nous avons de nous en tant que collectivité politique. En effet, notre système tolère que nous partagions notre quotidien avec des individus qui ne font pas parties de la société. Ce qui est en jeux c’est la légitimation de cet apartheid. Aujourd’hui c’est le sans-papier qui est concerné, qui sait qui sera visé demain (le chômeur, le terroriste, le militant) ? Ouvrir le débat en terme d’universalisation des droits Humain et fondamentaux, de liberté de circulation et d’installation, d’ouverture des frontières, de limitation du pouvoir de contrôle et de surveillance de l’État serait souhaitable. Toutes avancées dans ce sens doivent être poursuivies et chaque victoires fêtées tant qu’elles ne deviennent pas une fin en soi.

Catégories : Politique
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La dissolution du PS

17 juillet , 2008 · 2 commentaires

Une nouvelle question sociale

Bien que le sujet ne soit pas à l’ordre du jour, il est important de s’y attarder quelque peu. Il s’agit d’en faire une nouvelle revendication, d’ouvrir à nouveau l’horizon des possibles.

Le PS frein du moteur social

En quoi ce parti est-il un véritable frein à toutes réformes sociales (socialiste) en Belgique (le constat est sans doute le même pour les autres partis socialistes européens) ? La raison en est double. Il est incontournable sur l’échiquier politique et il est l’héritier auto-proclamé des luttes sociales belge (francophone). Malheureusement, ses ambitions idéologiques sont inversement proportionnelles à son poids politique. À l’origine, le socialisme est une idéologie politique dont les principaux fondements sont inconciliables et opposés à ceux du capitalisme.

Pour faire bref, le socialisme c’est la socialisation de la production sous ses trois aspects (quoi, comment, pourquoi): socialisation des moyens de production (quoi), gestion collective de ces moyens de production (comment) et répartition démocratique des produits de la production (pourquoi). Le capitalisme c’est, par opposition, la privatisation de la production: la propriété privée des moyens de production (quoi), le contrat de travail et son lien de subordination dans la gestion de la production (comment) et la loi de l’offre et de la demande dans la répartition des produits de la production (pourquoi).

Un question peut donc être légitimement posée: l’action du PS a-t-elle, ces 20 dernières années, fait avancer le socialisme ? La réponse est négative. Le capitalisme est triomphant. Mais pire, le socialisme a été vidé de tout contenu idéologique. Il n’a plus qu’une valeur programmatique dont l’ambition se limite à réduire les effets néfastes de la doctrine dominante (et unique). L’objectif poursuivit par cette social démocratie c’est de laisser une place à l’humain dans le système, de le réformer.

Le social-lisse du social-liste

D’une manière regrettable, ce parti représente encore, pour une masse importante de personne, la seule alternative à la dictature de la maximisation des profits. Ceci n’est pas vrai et ne pourra plus jamais l’être! Les règles du jeux du marché ont été trop intégrées par ses membres et appareils. Le paysage dans lequel ses idées et revendications se promènent c’est la pleine de béton coulé par les théoriciens et praticiens capitalistes. L’adhésion ou la résignation est totale. C’est le règne du TINA (there is no alternative). Il est aujourd’hui temps que le PS fasse son bilan au regard de ses fondements et en tire les conséquences adéquates.

Le courage des parvenus

Ce n’est qu’en posant un acte fort que le PS pourra sauver le socialisme. il s’agira de faire de cette dissolution un grand moment de pédagogie politique. Expliquer à tous et de manière efficace ce qu’est le socialisme. Reconnaitre publiquement que le PS n’est plus capable de réaliser son objectif. Avouer la collusion de ses élites avec les milieux d’affaires (capitaliste). Démontrer en quoi tout les compromis fait ont ruinés l’objectif de base (qui est l’instauration du socialisme). Il s’agirait de faire la psychanalyse du PS sur le divan médiatique. Toute l’importance et l’aura acquise par ce parti pourrait dans ce baroud d’honneur trouver un sens . Une résilience par la disparition, un grand S et plus de P.

La vie des mots

Sinon, ce terme (socialisme) et ce qu’il recouvre continueront leur long cheminement vers une nouvelle sémantique. Il ne désignera bientôt plus qu’une forme de dépendance au pouvoir rendant ses adeptes complètement accros et entravant la marche des marchés. Pareille histoire s’est déjà produite avec un autre mot (communisme) dont la proximité idéologique devrait en faire réfléchir plus d’un. Quoi qu’il en soit et en devienne, l’histoire est ouverte et la mort d’un mot ne signifie pas la disparition de son idée, pour peu que l’on fasse correctement le processus de deuil.

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Plus de gouvernement, on attend la suite!

17 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Le gouvernement a enfin remis sa démission. À qui le tour?

Quoi que l’on en dise, cette décision est un aveu d’impuissance de la part du pouvoir étatique. Ceci pour des raisons qui lui sont intrinsèques et qui relèvent également de la structure actuelle du pouvoir.

Le pouvoir étatique

Les prétentions actuelles du pouvoir étatique sont d’être politique et démocratique. Or, ceci est loin d’être le cas. Le politique c’est ce qui a rapport à la cité, à l’organisation de celle-ci. Le politique a donc pour vocation de s’occuper de tout ce qui relève de la sphère publique. Son pouvoir c’est de constituer le social, créer des institutions, faire des lois. Mis à part cette dernière activité législative, de plus en plus restreint à une ingérence dans la sphère privée, l’État et ses acteurs ne constituent pas le vivre ensemble. Leurs actions se limitent à gérer le vivre ensemble dans une société constituée par d’autres pouvoirs (voir plus bas). Quant à la démocratie, celle-ci désigne la souveraineté du peuple et pas la souveraineté des représentants du peuple! Un régime représentatif n’est pas une démocratie. Le citoyen moderne n’a d’autres pouvoirs que son devoir de participer aux choix, par l’expression d’un vote épisodique, parmi un panel pré-constitué d’éligibles, de son représentant irrévocable pendant toute la durée de son mandat.

L’oligarchie libérale

Nous vivons actuellement sous un régime d’oligarchie libérale. Oligarchie signifie que le pouvoir est actuellement détenu par une caste peu nombreuse. Concrètement il s’agit des grands groupes économiques et financiers qui déterminent eux-mêmes leurs objectifs, ont les moyens de les mettre en œuvre et qui ne rendent de compte qu’a eux-mêmes. Leur doctrine est libérale en ce qu’elle vise à réduire le rôle de l’État à son strict minimum. Il s’agit donc simplement de réduire la marge de manœuvre de cette structure qui pourraient lui devenir antagoniste et pas concurrente (celle-ci étant un autre dogme libéral qui présuppose un accord sur les fins -concourir c’est “courir avec”) . En effet, de plus en plus d’États, représentatifs, ont des comptes (fussent-ils minimaux) à rendre à leurs populations. Ce qui, s’ils étaient forts, pourrait conduire à une remise en cause des objectifs, des moyens et des résultats des oligarques.

Leterme et la fin

Les grands débats (justice sociale-environnement-économie) sont dès lors, en toute logique, absents du champ d’action étatique. Les querelles ne portent plus que sur des détails et questions secondaires. La preuve en est que bien peu de choses sont radicalement affectées par cette absence de gouvernement, pendant les travaux l’exposition continue.

À qui le tour

Pour nous aider dans la compréhension de cette mystification du pouvoir de l’État, il est important que d’autres organes suivent la voie tracée par le défunt gouvernement. À tout seigneur tout honneur c’est au Roi qu’il reviendrait d’ouvrir le bal. Toutes les conditions sont réunies pour faire un bon évènement médiatico-estival. Seul dans sa tribune officielle pour cause de démission ministérielle, le Roi en lieu et place de son discours officiel annoncerait son abdication. La disparition de ce symbole hérité du fond des âges médiévaux nous permettrait peut-être d’ouvrir un débat politique de fond digne de l’esprit des lumières. Ensuite dans la foulée, il reviendrait au PS d’annoncer sa dissolution (nour y reviendrons dans un prochain article). Il s’agirait, par là, de libérer les forces sociales progressistes dont l’horizon est bouché par ce mammouth institutionnel qui envahit la quasi-entièreté du champ politico-médiatique progressiste.

Le 22 juillet

Si par contre un nouveau gouvernement est formé, nommé par le Roi et avec la participation du PS c’est qu’il nous faut encore travailler la terre, labourer les esprits, faire germer les idées.

Catégories : Politique
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