Le gouvernement a enfin remis sa démission. À qui le tour?
Quoi que l’on en dise, cette décision est un aveu d’impuissance de la part du pouvoir étatique. Ceci pour des raisons qui lui sont intrinsèques et qui relèvent également de la structure actuelle du pouvoir.
Le pouvoir étatique
Les prétentions actuelles du pouvoir étatique sont d’être politique et démocratique. Or, ceci est loin d’être le cas. Le politique c’est ce qui a rapport à la cité, à l’organisation de celle-ci. Le politique a donc pour vocation de s’occuper de tout ce qui relève de la sphère publique. Son pouvoir c’est de constituer le social, créer des institutions, faire des lois. Mis à part cette dernière activité législative, de plus en plus restreint à une ingérence dans la sphère privée, l’État et ses acteurs ne constituent pas le vivre ensemble. Leurs actions se limitent à gérer le vivre ensemble dans une société constituée par d’autres pouvoirs (voir plus bas). Quant à la démocratie, celle-ci désigne la souveraineté du peuple et pas la souveraineté des représentants du peuple! Un régime représentatif n’est pas une démocratie. Le citoyen moderne n’a d’autres pouvoirs que son devoir de participer aux choix, par l’expression d’un vote épisodique, parmi un panel pré-constitué d’éligibles, de son représentant irrévocable pendant toute la durée de son mandat.
L’oligarchie libérale
Nous vivons actuellement sous un régime d’oligarchie libérale. Oligarchie signifie que le pouvoir est actuellement détenu par une caste peu nombreuse. Concrètement il s’agit des grands groupes économiques et financiers qui déterminent eux-mêmes leurs objectifs, ont les moyens de les mettre en œuvre et qui ne rendent de compte qu’a eux-mêmes. Leur doctrine est libérale en ce qu’elle vise à réduire le rôle de l’État à son strict minimum. Il s’agit donc simplement de réduire la marge de manœuvre de cette structure qui pourraient lui devenir antagoniste et pas concurrente (celle-ci étant un autre dogme libéral qui présuppose un accord sur les fins -concourir c’est “courir avec”) . En effet, de plus en plus d’États, représentatifs, ont des comptes (fussent-ils minimaux) à rendre à leurs populations. Ce qui, s’ils étaient forts, pourrait conduire à une remise en cause des objectifs, des moyens et des résultats des oligarques.
Leterme et la fin
Les grands débats (justice sociale-environnement-économie) sont dès lors, en toute logique, absents du champ d’action étatique. Les querelles ne portent plus que sur des détails et questions secondaires. La preuve en est que bien peu de choses sont radicalement affectées par cette absence de gouvernement, pendant les travaux l’exposition continue.
À qui le tour
Pour nous aider dans la compréhension de cette mystification du pouvoir de l’État, il est important que d’autres organes suivent la voie tracée par le défunt gouvernement. À tout seigneur tout honneur c’est au Roi qu’il reviendrait d’ouvrir le bal. Toutes les conditions sont réunies pour faire un bon évènement médiatico-estival. Seul dans sa tribune officielle pour cause de démission ministérielle, le Roi en lieu et place de son discours officiel annoncerait son abdication. La disparition de ce symbole hérité du fond des âges médiévaux nous permettrait peut-être d’ouvrir un débat politique de fond digne de l’esprit des lumières. Ensuite dans la foulée, il reviendrait au PS d’annoncer sa dissolution (nour y reviendrons dans un prochain article). Il s’agirait, par là, de libérer les forces sociales progressistes dont l’horizon est bouché par ce mammouth institutionnel qui envahit la quasi-entièreté du champ politico-médiatique progressiste.
Le 22 juillet
Si par contre un nouveau gouvernement est formé, nommé par le Roi et avec la participation du PS c’est qu’il nous faut encore travailler la terre, labourer les esprits, faire germer les idées.

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