Une nouvelle question sociale
Bien que le sujet ne soit pas à l’ordre du jour, il est important de s’y attarder quelque peu. Il s’agit d’en faire une nouvelle revendication, d’ouvrir à nouveau l’horizon des possibles.
Le PS frein du moteur social
En quoi ce parti est-il un véritable frein à toutes réformes sociales (socialiste) en Belgique (le constat est sans doute le même pour les autres partis socialistes européens) ? La raison en est double. Il est incontournable sur l’échiquier politique et il est l’héritier auto-proclamé des luttes sociales belge (francophone). Malheureusement, ses ambitions idéologiques sont inversement proportionnelles à son poids politique. À l’origine, le socialisme est une idéologie politique dont les principaux fondements sont inconciliables et opposés à ceux du capitalisme.
Pour faire bref, le socialisme c’est la socialisation de la production sous ses trois aspects (quoi, comment, pourquoi): socialisation des moyens de production (quoi), gestion collective de ces moyens de production (comment) et répartition démocratique des produits de la production (pourquoi). Le capitalisme c’est, par opposition, la privatisation de la production: la propriété privée des moyens de production (quoi), le contrat de travail et son lien de subordination dans la gestion de la production (comment) et la loi de l’offre et de la demande dans la répartition des produits de la production (pourquoi).
Un question peut donc être légitimement posée: l’action du PS a-t-elle, ces 20 dernières années, fait avancer le socialisme ? La réponse est négative. Le capitalisme est triomphant. Mais pire, le socialisme a été vidé de tout contenu idéologique. Il n’a plus qu’une valeur programmatique dont l’ambition se limite à réduire les effets néfastes de la doctrine dominante (et unique). L’objectif poursuivit par cette social démocratie c’est de laisser une place à l’humain dans le système, de le réformer.
Le social-lisse du social-liste
D’une manière regrettable, ce parti représente encore, pour une masse importante de personne, la seule alternative à la dictature de la maximisation des profits. Ceci n’est pas vrai et ne pourra plus jamais l’être! Les règles du jeux du marché ont été trop intégrées par ses membres et appareils. Le paysage dans lequel ses idées et revendications se promènent c’est la pleine de béton coulé par les théoriciens et praticiens capitalistes. L’adhésion ou la résignation est totale. C’est le règne du TINA (there is no alternative). Il est aujourd’hui temps que le PS fasse son bilan au regard de ses fondements et en tire les conséquences adéquates.
Le courage des parvenus
Ce n’est qu’en posant un acte fort que le PS pourra sauver le socialisme. il s’agira de faire de cette dissolution un grand moment de pédagogie politique. Expliquer à tous et de manière efficace ce qu’est le socialisme. Reconnaitre publiquement que le PS n’est plus capable de réaliser son objectif. Avouer la collusion de ses élites avec les milieux d’affaires (capitaliste). Démontrer en quoi tout les compromis fait ont ruinés l’objectif de base (qui est l’instauration du socialisme). Il s’agirait de faire la psychanalyse du PS sur le divan médiatique. Toute l’importance et l’aura acquise par ce parti pourrait dans ce baroud d’honneur trouver un sens . Une résilience par la disparition, un grand S et plus de P.
La vie des mots
Sinon, ce terme (socialisme) et ce qu’il recouvre continueront leur long cheminement vers une nouvelle sémantique. Il ne désignera bientôt plus qu’une forme de dépendance au pouvoir rendant ses adeptes complètement accros et entravant la marche des marchés. Pareille histoire s’est déjà produite avec un autre mot (communisme) dont la proximité idéologique devrait en faire réfléchir plus d’un. Quoi qu’il en soit et en devienne, l’histoire est ouverte et la mort d’un mot ne signifie pas la disparition de son idée, pour peu que l’on fasse correctement le processus de deuil.

2 réponses jusqu'à présent ↓
Gosselain Léon // 25 juillet , 2008 à 10:58 |
La seule maniére de remettre en question le statut injuste dont bénéficie encore le PS est de
réussir à faire émerger un nouveau mouvement politique qui poursuive le combat historique du
Socialisme en l’adaptant à la situation du 21 siécle débutant.
himself // 12 septembre , 2008 à 8:08 |
“Le capitalisme c’est, par opposition, la privatisation de la production: la propriété privée des moyens de production (quoi), le contrat de travail et son lien de subordination dans la gestion de la production (comment) et la loi de l’offre et de la demande dans la répartition des produits de la production (pourquoi).”
Pas d’accord; cela me semble plus être la définition du libéralisme, que du capitalisme; ce dernier n’est pas incompatible avec un régime socialiste qui propose une capitalkisation des moyens dans les mains de l’Etat.
J’aime ce concept de “dissolution du PS”