Échos de l’Agora

Le salaire quotidien

26 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Réhabiliter la valeur travail

Le “home-banking”, les compagnies “low-cost”, Ikéa, “taxe-on-web” et autres formes de “do-it-yourself” sont-elles en train d’inaugurer une nouvelle aire du salariat ? Le système économique ne se contente plus de demander à l’humain qu’il vende son temps, ses capacités, ses connaissances, sa force de travail, en échange d’un salaire qui doit lui permettre de survivre. Dorénavant, le travail est une valeur autosuffisante qui se passe de tout gratification salariale.

Le salaire, c’est une perte

Jusqu’à il y a peu, la production et la répartition de richesses suivaient une structure assez simple. Au sommet, il y a ceux qui possèdent (la richesse, l’information, les moyens de production, les moyens de répression). En dessous, se trouvent les travailleurs qui n’ont que leur force de travail. Ceux-ci se vendent aux premiers pour pouvoir exploiter leurs possessions. Ce travail crée une plus-value dont une part va au travailleur sous forme de salaire et une autre au possesseur sous forme de bénéfice.

Le but du possesseur en régime capitaliste c’est d’augmenter sa possession. Ceci n’est possible que par deux moyens. D’une part, il s’agit de s’assurer que de plus en plus de personnes travaillent sur les possessions, afin d’augmenter la plus-value. D’autre part, il faut augmenter les bénéfices, donc réduire la part de cette plus-value versée aux travailleurs.

Délocalisation domestique

Certaines compagnies ont réussit un tour de force pour augmenter leurs profits. Elles se sont débarrassées de leurs employés traditionnels et ont mis au travail la quasi-totalité de leurs clients, tout ceci sans leur verser le moindre salaire et en continuant à leur facturer aux prix fort quelques services minimaux.

La facilité avec laquelle ces nouvelles pratiques se sont installées a de quoi inquiéter. Le peu de réaction qu’elles ont suscité en font un précédent dangereux. Le risque de voir de telles méthodes s’étendre est réel tant les profits potentiels sont énormes (théoriquement, tout ce qui est actuellement versé sous forme de salaire).

La limite actuelle de ce système, qui explique sans doute son acceptation, est que la prestation effectuée par l’individu lui est au final destinée. Cependant, ces tâches (taxe-on-web, billet d’avion par internet,…) génèrent une plus value qui ne se répercute que de manière marginale dans le prix finalement exigé.

L’emploi du temps

Il est temps de réagir avant que ne disparaisse complètement l’unique et maigre contrepartie du travail: le salaire. Premièrement, savoir qui sont les multiples et nouveaux employeurs (banque, compagnie aérienne, administration,…) est essentiel. Ensuite, il faut comptabiliser les heures de travail effectuées. Au final, chacun est appelé à réclamer son salaire par un courrier reprenant le calcul détaillé (nombre d’heures effectuées X salaire horaire d’un employé du secteur = salaire dû).

La plus grande part du “temps libre” était déjà consacrée au travail (se reposer pour être rentable, se nourrir pour ne pas être improductif, se déplacer pour aller travailler, se reproduire pour garantir la pérénité du système). La tendance actuelle vise à orienter encore plus celui-ci vers l’enrichissement des possesseurs et l’aliénation de l’humain.

Catégories : Économie
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