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L’OMC bientôt mise aux pas des droits de l’Homme par l’ONU ?

19 décembre , 2008 · Laisser un commentaire

b147_bsauvetage-affichesVoici une traduction (approximative) du communiqué de presse du rapporteur spécial des Nations-Unies sur le droit à l’alimentation.  Celui-ci est un préalable au rapport qui sera déposé en mars 2009 par le Belge Olivier de Schutter. Pour le première fois la question de la conformité des accords commerciaux internationaux avec les droits de l’homme est examinée par un organe de l’ONU.

NATIONS UNIES

Communiqué de presse

Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation

CONCLUSIONS DU RAPPORT SUR L’ORGANISATION MODIALE DU COMMERCE 17 décembre 2008

Le cycle de Doha n’empêchera pas une autre crise alimentaire

GENÈVE–

Alimentation contre agriculture

Dans ce premier rapport, préparé par un expert indépendant de l’ONU, sur ce sujet fortement controversé, le rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation de l’ONU, prof. Olivier De Schutter, examine si la libération des échanges dans le domaine de l’agriculture est conforme à la norme reconnue par le droit international, auquel sont tenu les membre de l’OMC, du droit à une alimentation suffisante.

Le rapport est le résultat d’une mission auprès de l’OMC et de consultations avec une large gamme d’acteurs, y compris un certain nombre d’ambassadeurs auprès de l’OMC. C’est la première fois que l’OMC accepte que le rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation conduise une telle mission.

Un rapport sur Doha pour son report !

Prof. De Schutter, expert internationalement reconnu en matière de droits de l’homme, présentera ses recommandations concernant la façon de réaliser un système de commerce international de l’agriculture compatible avec les droits humain. Le mandat qui lui été donné par le Conseil de droits de l’homme, le corps intergouvernemental de 47 membres des Nations Unies, est celui de favoriser le droit à l’alimentation. Dans cette perspective, le rapport apporte de nouvelles lumières sur les questions commerciales, et il devrait servir de guide pour les négociations commerciales actuelles et futures.

Le rapporteur spécial ira au delà des technicités du cycle de Doha. Il partagera sa vision quant au nouveau rôle que le commerce agricole devrait jouer à l’avenir, tirant des leçons de la crise alimentaire et de la menace naissante du changement climatique. Deux problèmes, qui avance-t-il, sont énormément sous-estimées dans les négociations actuelle de l’OMC.

Des conclusions pour ne plus conclure

Sa mission à l’OMC l’a également amené examiner les questions controversées telles que les mécanismes de sauvegarde et les « spécificités » des produits agricoles, qui sont au coeur des négociations. Les conclusions de prof. De Schutter devraient encourager les états à ne conclure aucun accord au sein de l’OMC qui serait incompatible avec leurs engagements en vertu du droit international des droits de l’homme.

Le rapport est basé d’une part sur une mission officielle effectuée à l’OMC et d’autre part, sur des consultations avec plusieurs gouvernements nationaux depuis juin 2008. Le rapport officiel sera présenté à la session du mars 2009 du Conseil de droits de l’homme à Genève.

Professeur De Schutter a été nommé par le Conseil de droits de l’homme des Nations Unies en tant que rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation en mars 2008, et il a inauguré son mandat le 1er mai 2008. Son mandat de trois ans est de surveiller et rendre compte du droit alimentaire auprès de l’Assemblée générale de l’ONU et au Conseil de droits de l’homme. Spécialiste des droits de l’homme, Olivier De Schutter enseigne à l’université de Louvain (Belgique) et de l’université de l’Europe (campus de Natolin, Pologne). Il est professeur invité à l’Université de Columbia et membre de la faculté globale d’école de droit de l’université de New York. Il était également précédemment sécrétaire général de la fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Contact de presse : Federica Donati/Beatrice Quadranti tél. + 41.22.9179496/9179615 Olivier De Schutter Tel. +32.488.482004

Pour de plus amples informations sur le travail et le mandat du rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation, visitez la page Web : http://www2.ohchr.org/english/issues/food/index.htm

ps: les titres ont été rajouté.

Catégories : Économie
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L’économie participaliste: une économie pour demain?

1 novembre , 2008 · Un commentaire

Richesse

Richesse

Le futur des possibles

Profitons de ce moment de crise pour oser repenser l’économie. Actuellement, deux options sont ouvertes. Soit, le système (capitaliste), moyennant quelques réformes, traverse la crise et assure sa pérennité (comme il l’a toujours fait). Soit, il chute et se fait remplacer par un nouveau système. Dans la première hypothèse, la structure étant inchangée,  notre mode d’organisation économique et social restera donc “un système violemment injuste mais également profondément inefficace” (T. Discepolo). Dans la seconde hypothèse, la nature et le type des nouvelles règles mises en place risquent d’être pire que précédemment car les gens auront faim, soif et peur. Pour remplacer l’un ou conjurer l’autre il est crucial d’avoir une vision de ce qu’il serait souhaitable de mettre en place et en pratique comme nouveau modèle économique.

Tel est la démarche, de Michael Albert dans son ouvrage “Après le capitalisme – Éléments d’économie participaliste”. Son modèle, mérite d’être connu, mis sur le banc d’essais, critiqué, amélioré.

Principes de l’économie participaliste

“Elle a pour principes une rémunération du travail en fonction des efforts et des sacrifices qui sont réellement investis, une démocratie de conseil, une division du travail fondé sur la redéfinition de l’emploi comme un ensemble équilibré de tâches professionnelles et un système de répartition basé sur la planification participaliste. Au delà de la production et de la distribution nécessaires à la satisfaction des besoins et au développement de l’humanité, les valeurs promues sont la solidarité, l’équité, l’autogestion et le respect des différences” (p. 30).

L’économie participaliste n’est pas dogmatique, elle se veut souple et a pour vocation d’être modifiée, améliorée au gré des expériences. De plus, elle est concrète, pragmatique et évolutive. Nombreux de ses principes sont directement applicables moyennant une certaine volonté de faire autrement.

Une rémunération équitable

“Une rémunération équitable, sur le plan moral et jouant son rôle incitatif, suppose qu’elle soit plus élevée en faveur de ceux qui font le plus d’effort et de sacrifices en exécutant un ensemble de tâche nécessaire à une société affectant correctement ses capacités et ses ressources” (p. 54).

L’enjeux est de passer d’un mode rémunaratoire basé sur le profit et les rapports de force à un mode basé sur l’utilité social et l’évaluation collaborative. Pour y parvenir il faut, dans un premier temps redistribuer les revenus. La taxe (sur le profit, la fortune, l’héritage,les produits de luxe, les revenus) est l’instrument adéquat pour organiser cette redistribution. Les revenus qu’elle génèrerait seraient prioritairement consacrés aux politiques de plein-emploi, d’augmentation du salaire minimum, de redistributions collectives (santé, éducation…), d’impôts négatif et d’augmentation salariale.

L’autogestion

“Nous appelons autogestion la participation de chacun à la prise de décision à proportion des conséquences qu’elle implique pour lui” (p.75).

Afin de ne pas échouer, il est important de pouvoir distinguer si la décision engages quelques-un ou tout le monde et de ne pas se laisser aveugler par les techniques décisionnelles. Le partage des connaissances est essentiel pour la prise de décision. La fiabilité, la diversité et l’impartialité des sources d’information doivent être garanties.

Pour réaliser l’autogestion, il peut être utile de créer des conseils de travailleurs et de consommateurs,démocratiser l’accès à l’information, démocratiser le processus décisionnel sur le lieu de travail, d’augmenter les pouvoirs des consommateurs sur les questions de production, démocratiser les budgets sociaux.

La dignité du travail

Nous définissons chaque emploi non pas comme un ensemble de tâches impliquant plus ou moins le même niveau de responsabilité, mais comme une combinaison de fonction incluant des niveaux de responsabilités différents dont la somme correspond au niveau moyen dans la société” (p. 96).

L’enjeux de cette dignité au travail c’est d’améliorer l’égalité, la participation et la responsabilisation de tous. La première étape consisterait à augmenter le niveau de dignité des emplois les plus dégradants. Il faudrait, ensuite, introduire des tâches moins qualifiées au plus haut niveau afin de créer un nouveau juste milieu.

La répartition participaliste

“La point important est que le problème de l’équilibre générale entre la production et la consommation qui doit tenir compte des coûts et des bénéfices sociaux peut être résolu de façon coopérative plutôt que par des méthodes nuisibles tant du point de vue des individus que de la richesse produite et au détriment des principes que nous souhaitons nous donner” (p. 125).

La planification participaliste repose sur deux piliers principaux: des conseils participatifs démocratiques et une diffusion à grande échèlle de toutes les informations nécessaires pour prendre des décisions dans le domaine économique” (p. 146).

Cette méthode se veut hors de la dualité marché-planication centralisée. Elle premettrait d’assuer une meilleure tarification (prise en compte des couts sociaux), un partage et une solidarité accrue, une prise en compte des besoins humain, une démocratisation des budgets, plus de loisirs et moins de travail.

La société de demain

“L’économie participaliste produit, consomme et répartit de façon à répondre aux besoins et contribuer au développement des capacités de tous. Pour autant, une bonne économie n’est pas suffisante pour garantir une société juste” (p. 153).

Revolt in the poultry

Revolt in the poultry

C’est ainsi qu’audela de l’économie cet ouvrage nous invite à repenser également la question de l’égalité des sexes et des races, l’éducation, l’écologie, l’Etat, les relations internationales. De plus, il se conclut par un programme appelé à s’appliquer au sein de nos propres mouvements.

Le programme de l’économie participaliste est conçu pour obtenir à court terme une amélioration de la vie du plus grand nombre tout en établissant les bases nécéssaires à d’autres avancées et parvenir à long terme à une économie participaliste” (p. 173).

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Travail et révolution

29 septembre , 2008 · 4 commentaires

conseil d'administration

conseil d'administration

Retour en arrière pour un grand bon en avant

Il est de plus en plus urgent de penser “révolution”. Les crises, qui se multiplies, tant en genre qu’en nombre, invitent à une réflexion profonde. La société vue comme création humaine est d’une navrante déception. Les moyens qu’elles développent ne font que suivre le courant dominant. Il est impératif de révolutionner nos modes d’être au monde, de revenir dessus afin de les faire rouler dans une nouvelle direction.

Le travail, de par l’incidence qu’il implique en terme de transformation du monde, mérite la plus grande attention. Cette méthode particulière d’organisation de l’activité des individus n’a théoriquement pas de frontières. C’est par elle que sont vécus la plupart des rapports sociaux. C’est elle qui monopolise les catégories d’identification sociale. C’est elle aussi qui organise le rapport aux temps et aux choses. Et c”est, enfin, principalement à travers elle que s’élabore le contenu et la forme du vivre ensemble.

La fabrique du sens

Mis à part les sphères familiales et militantes, c’est dans et par le travail que la question du “sens de l’être au monde” trouve une réponse. Ce phénomène est aisément explicable d’une part, par la puissance créatrice que le travail renferme, et d’autre part par la résistance psychique à la dissonance cognitive.

La travail est l’activité qui consomme le plus l’énergie créatrice des individus. Soit cette consommation se fait par annihilation, ce qui est le cas des travaux répétitifs et abrutissants. Soit par absorption, ce qui se produit sur tous lieux de travail où seule l’activité proprement créatrice est garante du bon fonctionnement (comme en atteste les grèves du zèle).

Cependant cette activité créatrice est principalement hétéronome, dictée de l’extérieur. Elle s’avère donc, en soi, incapable de produire du sens qui fasse sens pour le travailleur. Ce n’est donc qu’au travers d’un mécanisme qui consiste à, soit minimiser l’importance du travail, soit (plus fréquemment) à adopter les valeurs véhiculées par les promoteurs de la force productive que le travail fait sens pour les individus.

L’incapacité du travail

Le travail, dans son fonctionnement et son mode d’organisation actuel, se révèle donc incapable de susciter une réflexion autonome sur l’être au monde et sur le vivre ensemble. Ceci s’explique par la place qui est généralement accordée à l’humain sur le lieu de travail. Dans le majeur partie des cas le lieu de travail n’est pas, contrairement à ce qui en est généralement présenté, un moyen d’émancipation.

Car tous moyens est une fin en soi. Et si, la fin du travail est l’émancipation, sa pratique se doit d’être émancipatrice. Hors le travail ne permet pas à se soustraire à la propriété d’autruis, il vise majoritairement à s’y soumettre (le salariat). L’action et la réflexion libre n’y ont pas leurs places, hormis dans les quelques espaces acquis de haute luttes et aujourd’hui sclérosés par manque d’ambitions (les syndicats).

Révolutionnaires, au travail!

Des pratiques de travail libre ont déjà été misent en oeuvre par le passé (Russie 1917, Hongrie 1956, Espagne 1936,…). Leurs disparitions se sont faites par l’écrasement dans le sang et non par leurs incapacités en terme d’effectivités. Leurs mises en place ne relèvent donc pas de l’utopie mais du courage. Le lieu de travail recèle un potentiel révolutionnaire insoupçonné. C’est là, en effet, que peuvent être mis en place des outils créateurs et pédagogue de liberté que sont les conseils de travailleurs. C’est sur le lieu de travail que peut s’expérimenter la surpression de l’inutile hiérarchie. C’est là, par la délibération avec des groupes de consommateurs ou d’usager, que peut s’élaborer une transformation pratique et démocratique du monde. C’est là, que les gens ont un savoir et une connaissance qu’il est essentiel de partager pour faire avancer la délibération.

Demain c’est jour de paye

Le travail peut être une pratique révolutionnaire mais pour se faire il faut qu’il endosse un nouvel habit. Sa forme doit être revue de fond en comble et doit incarner la révolution ici et maintenant. Ce n’est qu’à travers une application des principes révolutionnaires (liberté, égalité, démocratie,…) que le monde de demain sera révolutionné.

Quelques oeuvres pour aller plus loin:

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Congés en solde

31 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts

Vacance à la plage de Lowelle Herrero

Vacances à la plage de Lowelle Herrero

Cette phrase de Nietzsche a-t-elle inspiré la philosophie des congés payés ? Les vacances sont un des moteurs cachés du système moderne. Elles lui permettent, non seulement, d’éviter l’essoufflement mais en plus d’encourager et de favoriser son expansion. Elles remplissent également un rôle idéologique important, qui cadenasse l’imaginaire utopique.

Nudisme et naturisme

Les vacances ont réussi à se présenter comme un temps de liberté. La seule affirmation de cette prétention devrait suffire à attirer l’attention. Il est temps de les mettre à nu, d’examiner leur véritable nature. Le congé et la vacance ne sont que des moments d’une histoire plus grande. Ils n’ont de sens que par rapport à la période qui les englobe, celle du travail salarie, du temps vendu. Le congé n’est qu’une “autorisation”, la vacance une “absence de”. Voilà ce que l’étymologie révèle. Ces instants restent la propriété d’un autre qui en autorise un usage différent, ou plus exactement un non-usage.

Se changer les idées pour ne pas en avoir

La véritable destination de voyage c’est le point de départ, le lieu de travail. À aucun moment, il n’est envisagé que le travailleur ne rentre pas. Quelle que soit la distance parcourue, la longe est toujours là. Comme pendant la permission du milicien durant laquelle il reste soumis aux juridictions militaires, le salarié reste soumis au contrat de travail, il est payé par son employeur. Il est donc tenu de se reposer, de prendre du bon temps, de recharger ses batteries. Car attention, dès le retour il va falloir à nouveau qu’il se fatigue afin de mériter le repos suivant. Il s’agit d’un devoir et non d’un droit. Prendre des vacances devient une question d’éthique professionnelle.

“Lost minute” et “tout-cons-prix”

Pour s’assurer que cet espace-temps ne devient jamais lieu d’une quelconque revendication, il est géré de part en part. Il y en a pour tous les gouts, du “all-include” au “routard”. L’important c’est de rester à tout moment acteur de cette grande mascarade, spectateur de la vie. Le contenu de ce grand vide temporel ne peut et ne doit être remplis que par du consommable. Dépenser sans penser est le mot d’ordre. En même temps que les vacances, c’est l’idée de liberté qui s’achète et se vend. Une liberté dont la principale caractéristique est d’être inopérante, car par définition rien ne se passe pendant les vacances.

Société des loisirs

Voilà comment en un tour de passe-passe le système réduit à néant la plupart des pulsions de déconnexions. Il organise lui-même, de manière totalement fictive, sa propre vacance, sa propre absence. L’idéal utopique et révolutionnaire devient alors le camping résidentiel. Au “métro-boulot-dodo” il n’est désormais plus opposable que le “see-sex and sun”.

Kit de survie

Tout n’est pas perdu. Les véritables pulsions de liberté, la créativité et la jouissance accompagnent l’aventurier à tout moment. Le temps c’est la vie qui s’exprime et il n’appartient à personne. Les véritables vacances sont celles où cesse la soumission. Elles doivent être prises dans tous les moments du temps officiel.

Les montres molles de Salvador Dali

Les montres molles de Salvador Dali

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Le salaire quotidien

26 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Réhabiliter la valeur travail

Le “home-banking”, les compagnies “low-cost”, Ikéa, “taxe-on-web” et autres formes de “do-it-yourself” sont-elles en train d’inaugurer une nouvelle aire du salariat ? Le système économique ne se contente plus de demander à l’humain qu’il vende son temps, ses capacités, ses connaissances, sa force de travail, en échange d’un salaire qui doit lui permettre de survivre. Dorénavant, le travail est une valeur autosuffisante qui se passe de tout gratification salariale.

Le salaire, c’est une perte

Jusqu’à il y a peu, la production et la répartition de richesses suivaient une structure assez simple. Au sommet, il y a ceux qui possèdent (la richesse, l’information, les moyens de production, les moyens de répression). En dessous, se trouvent les travailleurs qui n’ont que leur force de travail. Ceux-ci se vendent aux premiers pour pouvoir exploiter leurs possessions. Ce travail crée une plus-value dont une part va au travailleur sous forme de salaire et une autre au possesseur sous forme de bénéfice.

Le but du possesseur en régime capitaliste c’est d’augmenter sa possession. Ceci n’est possible que par deux moyens. D’une part, il s’agit de s’assurer que de plus en plus de personnes travaillent sur les possessions, afin d’augmenter la plus-value. D’autre part, il faut augmenter les bénéfices, donc réduire la part de cette plus-value versée aux travailleurs.

Délocalisation domestique

Certaines compagnies ont réussit un tour de force pour augmenter leurs profits. Elles se sont débarrassées de leurs employés traditionnels et ont mis au travail la quasi-totalité de leurs clients, tout ceci sans leur verser le moindre salaire et en continuant à leur facturer aux prix fort quelques services minimaux.

La facilité avec laquelle ces nouvelles pratiques se sont installées a de quoi inquiéter. Le peu de réaction qu’elles ont suscité en font un précédent dangereux. Le risque de voir de telles méthodes s’étendre est réel tant les profits potentiels sont énormes (théoriquement, tout ce qui est actuellement versé sous forme de salaire).

La limite actuelle de ce système, qui explique sans doute son acceptation, est que la prestation effectuée par l’individu lui est au final destinée. Cependant, ces tâches (taxe-on-web, billet d’avion par internet,…) génèrent une plus value qui ne se répercute que de manière marginale dans le prix finalement exigé.

L’emploi du temps

Il est temps de réagir avant que ne disparaisse complètement l’unique et maigre contrepartie du travail: le salaire. Premièrement, savoir qui sont les multiples et nouveaux employeurs (banque, compagnie aérienne, administration,…) est essentiel. Ensuite, il faut comptabiliser les heures de travail effectuées. Au final, chacun est appelé à réclamer son salaire par un courrier reprenant le calcul détaillé (nombre d’heures effectuées X salaire horaire d’un employé du secteur = salaire dû).

La plus grande part du “temps libre” était déjà consacrée au travail (se reposer pour être rentable, se nourrir pour ne pas être improductif, se déplacer pour aller travailler, se reproduire pour garantir la pérénité du système). La tendance actuelle vise à orienter encore plus celui-ci vers l’enrichissement des possesseurs et l’aliénation de l’humain.

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