Échos de l’Agora

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La faim et les moyens

11 mars , 2009 · 2 commentaires

Considérations préalables

La présente analyse ne vise pas les personnes qui luttent, ni l’objet de leur combat, mais sur une méthode qu’elles utilisent, la grève de la faim. Les remarques préliminaires formulées dans un précédent article (sans-papier mais sous contrôle) restent d’actualité.

Les forces en présence

Dans la problématique des sans-papiers, la puissance respective des protagonistes est fortement inégale. Face à des individus souvent atomisés, déracinés, déconsidérés, déshérités, désenchantés se trouve une puissance d’État (voir de plusieurs États comme c’est le cas en Europe) forte de sa cohésion, de sa richesse, de son administration et de sa police. Cette asymétrie structure le combat qui se livre. C’est elle qui détermine la forme que celui-ci va prendre, le terrain sur lequel il va se mener et les coups qui peuvent être portés. De quoi les grèves de la faim sont-elles le révélateur dans le combat qui oppose les migrants sans-droits aux sociétés qui les hébergent sans les accueillir ?5728vaincre-la-faim-affiches1

La guerre d’étranger

Le désintérêt, voir le mépris généralisé pour la problématique des sans-papiers, conduit régulièrement ceux-ci, lors du combat qu’ils mènent contre les États dont ils sont des résidents illégitimes, mais naturels, dans leurs derniers retranchements. C’est ainsi que le front se déplace fréquemment au-delà de la dernière frontière derrière laquelle peuvent se réfugier les migrants, leur propre corps.

Du champ de bataille…

Par la grève de la faim, les grévistes amènent la lutte en leur for intérieur. En ceci, ils marquent un avantage stratégique indéniable. Ils sont en terrain connu, où il n’y a ni dominant ni dominé, mais seulement une volonté guidée par une seule conscience, la leur. Quelle que soit la puissance de l’ennemi, sa victoire en ce domaine ne pourra jamais être totale sur les sans-papiers. Ceux-ci s’affirment par ce biais comme des hommes libres, des insoumis et ceci les honorent.

…aux champs de ruine

Malheureusement, c’est également là, dans ces corps, que se marquent les traces du combat. De plus, en ce lieu si reculé et si intime le risque est grand de voir le combat collectif se muer en traversée du désert en solitaire. Les risques encourus et les résultats obtenus y sont principalement individuels. Ici, pas de rues dépavées ni de barricades montées, pas d’administrations démantelées ni de législation réformée, seul reste au terme de l’épreuve, et qu’elle qu’en soit l’issue, des séquelles physiques et psychiques plus ou moins graves et plus ou moins irréversibles.

Expulsion intérieure

Cette technique de lutte conduit le gréviste à devenir son propre bourreau. Il se fait, par ce biais, agent de l’État en 177529_ba-vizier-watching-an-execution-affiches1réalisant, par l’extrême, l’absurdité et l’inhumanité du système. Il affirme son appartenance à la collectivité en devenant celui qui applique la loi mieux que quiconque. C’est lui qui refuse de nourrir cet étranger qui doit aller se nourrir ailleurs. En tarissant sa faim, c’est son étranger indésirable que le migrant tente de faire disparaître.

Le choix des armes ou le désarmement du choix

Mais le combattant doit-il être un martyr et la lutte une souffrance ? Cette méthode ne réalise-t-elle pas les souhaits les plus profonds du pouvoir ? Ceux par lesquels il rêve que tous ses sujets lui sont acquis corps et âme. Une multitude prête à donner leur vie pour la raison d’État et qui a définitivement renoncé à la satisfaction de ses propres plaisirs, en l’espèce celui de manger.

Mangeons sans entraves

Les luttes sociales ne peuvent se contenter de poursuivre un but. Elles doivent, être en elle-même, facteur de changement et de transformation. L’imagination et la créativité doivent animer les personnes qui se rassemblent pour changer l’ordre des choses. En se situant sur ce terrain là, le pouvoir se retrouve isolé, destitué, inconsistant. Le combat doit être, devenir ou rester un plaisir, un lieu d’épanouissement et d’apprentissage du goût exquis et enivrant de la liberté. Il s’agit d’affirmer le droit à la jouissance là où il est encore possible et de le revendiquer là où il n’est pas encore.

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Le responsable politique

2 février , 2009 · 4 commentaires

L’usage a consacré le terme de responsable politique pour désigner les élus. Mais le vote fait-il du mandataire politique un individu responsable ? Quels nouveaux individus sortent des urnes ? Les électeurs assument-ils complètement leurs choix ? Sont-ils prêts à supporter les conséquences de leur vote ? La responsabilité est selon l’étymologie l’action qui consiste à « se porter garant de », à « répondre de ». À qui donc peut-être reprocher l’état de notre société ?

L’urne funéraire

L’opération électorale consiste à choisir des représentants et à leur donner un mandat pour exercer les charges qui leur ont été attribuées. Les missions confiées visent l’organisation du vivre ensemble. Pour réussir, l’homme politique va dicter aux citoyens les comportements qu’il attend d’eux.

Dans la théorie politique classique, le vote est donc une opération par laquelle l’électeur transmet une partie de son pouvoir à l’élu. Mais le pouvoir est-il réellement transmissible ? Est-il, tel le corps du Christ qui passe dans l’hostie lors de la communion des chrétiens (catholiques et orthodoxes) , capables de passer de votant au bulletin de vote pour ensuite rejaillir sur le corps politique ? La question mérite d’être posée.

Le pouvoir mis à nu

Le pouvoir n’appartient pas au domaine du factuel, mais de la faculté, il n’a pas de consistance matérielle, mais des conséquences matérialisées. Ce n’est pas une chose c’est un potentiel qui comprend une double dimension : une capacité d’agir et une puissance d’action. En tant que tel, le pouvoir que chacun détient est intransmissible, de la même manière que toute autre faculté telle que voir ou juger. Le seul usage que l’on peut faire du pouvoir c’est de l’exercer ou non.

Autoriser l’interdiction

En ce sens, le vote ne consiste pas à transmettre le pouvoir à un élu. Il s’agit, par contre, d’une part d’autoriser l’élu à user de son pouvoir et d’autre part d’empêcher l’électeur d’exercer le sien. Si l’enjeu du vote était l’amour et non le pouvoir, celui-ci consisterait à autoriser seulement les élus à aimer, les électeurs s’interdisant d’user de cette faculté. La case noircie dans l’isoloir réduit la capacité du citoyen et étend la puissance du politicien.

Déni de responsabilité

Lors de cette transaction, la responsabilité se perd, car dans son essence ce mécanisme nie cette capacité. L’autorisation (d’action) donnée à l’élu et l’interdiction (d’agir) posée à l’électeur conduit à les considérer tous deux comme irresponsables, car incapable d’un faire libre et autonome. Celui qui a besoin d’une autorisation est une personne à charge (donc non libre) tel un enfant. Quant à celui qui se voit interdit, c’est un incapable (donc pas autonome) tel un esclave.

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Soumis au vote

Cependant, la responsabilité ne s’élude pas si facilement. Car, au moment du vote, et uniquement à cet instant, la réalité du pouvoir de chaque individu est, de manière formelle, réaffirmée. Tout électeur est considéré à cet instant comme libre, autonome et responsable. L’enjeu consiste à faire durer cette considération dans le temps. Il faut donc savoir si l’électeur va accepter de porter les conséquences de son vote, à savoir : avoir créé un puissant et s’être rendu incapable.

L’électeur conséquent

Sous cet angle, le responsable politique ne devient plus l’élu, mais l’électeur. La non-action devient dès lors un acte librement consenti et dont les conséquences peuvent être imputées à son auteur, le votant. En outre, tout membre-électeur d’une collectivité politique doit accepter de se porter garant de l’exercice du pouvoir qu’il concède à ses élus. Les choix politiques et leurs conséquences posées par les élus ne leurs sont dès lors pas imputable tant qu’ils relèvent de leur mandat seul le votant peut et doit en être tenu pour responsable.

L’attention à l’abstention

La première question qui mérite une réponse est celle de la participation au vote. Car quelle qu’en soit l’issue, celui qui y prend part cautionne. À moins que sur le bulletin n’apparaisse une case : « Abstention ».

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État de la nation

24 août , 2008 · Laisser un commentaire

Diana Ong - Nation

Diana Ong - Nation

La crise institutionnelle est une belle opportunité pour réfléchir sur l’État en général et la Belgique en particulier. Quels en sont les origines et les fondements de cet État? Comment s’organise la répartition du pouvoir? Quels sont les mythes qui l’entoure? Cette méthode d’organisation social doit-elle être défendue ou combattue?

De la notion d’État à l’État-nation

Il est généralement (mais pas unanimement) reconnu que l’État est un mode d’organisation politique caractérisé par la souveraineté, c’est à dire le droit d’exercer le monopole du pouvoir (donc de la contrainte) sur une population et à l’intérieur d’un territoire. A fil du temps cette notion de souveraineté a évolué.

Dans un premier moment, l’État se confondait avec la possession personnelle du monarque. La souveraineté sur la population et son territoire se voulait totale et servait à assouvir les intérêts du chef. Personnage qui, par la grâce divine savait ce qui était bon et juste pour la population.

Ensuite, en réaction aux abus des monarques, la souveraineté a fait l’objet de luttes qui se sont soldées par les révolutions moderne de la fin du XVIII° siècle. Ces révolutions vont aboutit à une nouvelle forme d’État, l’État de droit. L’idée est que sa puissance est trop importante et que pour éviter les abus et excès, il faut le soumettre, le limiter.

Pour finir, sous la poussée des mouvements démocratiques issus des révolutions, apparait la théorie de l’État-nation. La nation est une notion qui va permettre à la population de s’identifier à la nouvelle forme de l’État. Il devient la propriété du peuple, l’instrument qui va permettre de libérer la population du besoin.

Le Roi est nu

La souveraineté étatique est donc passée par trois stades, absolue, limitée et partagée. Il est donc essentiel de comprendre comment et pourquoi ceci c’est fait comme cela et quelles en sont les implications.

Le stade le plus crucial est le deuxième. A cette époque, les habitants des villes (les bourgeois), ont vu leurs richesses et leurs pouvoirs augmenter de manière telle qu’ils ont pu se confronter aux monarques. Le résultat de cette lutte entre une vieille classe aristocratique déclinante et une nouvelle classe bourgeoise montant est visible encore aujourd’hui. Ce qui a été brisé et pillé a ce moment là, c’est le monopole du pouvoir de l’État, dorénavant celui-ci sera partagé avec les nouveaux venus.

Derrière ces révolutionnaires bourgeois sont ensuite arrivé les démocrates qui ont envahis les palais (vidé de leurs substances) et décapités les Roi (qui n’avait déjà plus que leurs titres). La souveraineté héritée par l’État-nation n’est plus que le fantôme de celle détenue par les monarques d’antan. L’État de droit bourgeois a organisé l’impuissance de l’État-nation du peuple.

L’oignon fait la force… mais quant on le pèle il fait pleurer

En Belgique tout les ingrédients sont présents pour une analyse de cas.

Un Roi qui est toujours en place. Ce symbole de la souverainté absolue à la tête de l’État permet d’entretenir le mythe de la toute puissance étatique. Une nation qui se cherche et se déchire. Ici, c’est l’idée du peuple souverain et maitre de sa destinée qui est mis en scène. Le débat ne concerne que la forme de l’État (fédéral, confédéral, autonome…) mais son fond troué reste masqué.

L’État est mort, vive l’État

Sous sa forme actuelle l’État est dangereux car il est doublement déficient. D’une part d’un point de vue opérationnelle il est inefficace et ceci profite en creux aux autres institutions de pouvoir. D’autre part, démocratiquement il est inachevé. La nation n’est toujours pas le peuple.

Malheureusement cette double impuissance n’est pas reconnue. Ce qui empêche dès lors d’avoir de vrai débats sur la place de l’État dans les enjeux qui concerne la population et sur le type d’État.

La lutte qui doit être menée est celle pour la démocratie (le pouvoir du peuple). Dans ce combat l’État peut devenir une forteresse ou une prison. Tout l’art consiste à garder les yeux ouvert vers l’horizon afin de savoir si cette forme d’organisation sociale le bouche ou l’ouvre.

Prison d'Alcatraz

Prison d'Alcatraz

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Sans-papiers mais sous contrôle

23 juillet , 2008 · 3 commentaires

Remarques préliminaires

La présente réflexion ne vise aucunement à discréditer le mouvement des sans-papiers dans leurs luttes pour la reconnaissance d’une dignité et d’une égalité qui leur sont actuellement refusées. La situation actuelle qui en fait des sous-humains est inacceptable. Le premier des droits, c’est celui d’en avoir. L’homme qui n’a pas de droit n’a pas de place dans la société, c’est un objet. L’homme-objet c’est un esclave et ceci doit être combattu.

La voie du maître

Il est important de voir comment le pouvoir guide et oriente les revendications afin d’obtenir un résultat qui lui sera utile et rencontrera ses propres intérêts. Les seules solutions envisagées pour la problématique des sans-papiers sont la régularisation et l’expulsion. À aucun moment le débat officiel ne peut sortir de ces perspectives. Dès lors, deux questions surgissent: en quoi la régularisation et l’expulsion servent-elles les intérêts du pouvoir ? D’autres solutions sont-elles envisageables ?

La carotte et le bâton

Sans doute est-il plus aisé de commencer par le plus dur, les expulsions. Le rôle sociologique de celles-ci est évident. Il s’agit de faire peur et par là même de susciter deux types de comportements: la fuite ou la tétanisation. De cette manière, une sélection sociale s’effectue. Les plus faibles rentrent chez eux (de gré ou de force) et les plus adaptés sont ceux qui arrivent à se faire oublier qui restent dans l’ombre. Au final, il ne reste qu’une population qui travaille (car sans protection sociale), durement (car non légalement reconnue) et en silence (car elle a tout à perdre).

Face à ce volet répressif la seule solution avancée c’est la régularisation. Récompense ultime accordée à ceux qui ont correctement intégré les normes et comportements souhaités. D’une part, les principaux critères de régularisation qui seront finalement retenus seront économiques. Les intéressés devront répondre positivement à la question: êtes-vous capables d’accepter de travailler sous n’importe qu’elles conditions ? Ce qui permet de tirer vers le bas tous les acquis de droit du travail. D’autre part, le résultat de la régularisation c’est, sous couvert de protection, la mise sous la tutelle des nouveaux arrivants par l’État. Voilà la réelle signification de la régularisation.

L’obtention de droits et la garantie de voir ceux-ci protéger ne sont pas en soi liées à la délivrance de papier. Le lien entre les deux n’est pas naturel, mais politique. L’objectif principal de tout document d’identité n’est pas la protection, mais bien le contrôle. Les droits ne sont subordonnés aux contrôles qu’en raison d’une logique propre au pouvoir, celle de l’apartheid social selon lequel un être humain n’égale pas un autre être humain.

Le juste et l’acceptable

D’autres pistes peuvent et doivent être discutées. Il est important que le débat dépasse les limites imposées par l’autorité et devienne chose publique. Ce n’est qu’à cette condition qu’il pourra refléter l’intérêt de tous. Deux domaines méritent donc d’être examinés: les causes des migrations et les conséquences de celle-ci.

En ce qui concerne les causes de la migration, une parait plus importante que les autres. C’est la question de la répartition des richesses. Contrairement à ce qui est officiellement proposé, la solution ne relève pas de l’aide au développement (ce qui permet à l’État de se mettre dans la position du dispensateur d’aide, donc du gentil). Mais bien dans les programmes de politiques économiques et commerciales. Revisiter notre mode de développement économique en ayant pour finalité une meilleure répartition des richesses mondiale est une piste à explorer et discuter.

Une des plus graves conséquences de la migration dans notre société ne pèse pas sur notre système de sécurité sociale, mais bien sur la vision générale que nous avons de nous en tant que collectivité politique. En effet, notre système tolère que nous partagions notre quotidien avec des individus qui ne font pas parties de la société. Ce qui est en jeux c’est la légitimation de cet apartheid. Aujourd’hui c’est le sans-papier qui est concerné, qui sait qui sera visé demain (le chômeur, le terroriste, le militant) ? Ouvrir le débat en terme d’universalisation des droits Humain et fondamentaux, de liberté de circulation et d’installation, d’ouverture des frontières, de limitation du pouvoir de contrôle et de surveillance de l’État serait souhaitable. Toutes avancées dans ce sens doivent être poursuivies et chaque victoires fêtées tant qu’elles ne deviennent pas une fin en soi.

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La dissolution du PS

17 juillet , 2008 · 2 commentaires

Une nouvelle question sociale

Bien que le sujet ne soit pas à l’ordre du jour, il est important de s’y attarder quelque peu. Il s’agit d’en faire une nouvelle revendication, d’ouvrir à nouveau l’horizon des possibles.

Le PS frein du moteur social

En quoi ce parti est-il un véritable frein à toutes réformes sociales (socialiste) en Belgique (le constat est sans doute le même pour les autres partis socialistes européens) ? La raison en est double. Il est incontournable sur l’échiquier politique et il est l’héritier auto-proclamé des luttes sociales belge (francophone). Malheureusement, ses ambitions idéologiques sont inversement proportionnelles à son poids politique. À l’origine, le socialisme est une idéologie politique dont les principaux fondements sont inconciliables et opposés à ceux du capitalisme.

Pour faire bref, le socialisme c’est la socialisation de la production sous ses trois aspects (quoi, comment, pourquoi): socialisation des moyens de production (quoi), gestion collective de ces moyens de production (comment) et répartition démocratique des produits de la production (pourquoi). Le capitalisme c’est, par opposition, la privatisation de la production: la propriété privée des moyens de production (quoi), le contrat de travail et son lien de subordination dans la gestion de la production (comment) et la loi de l’offre et de la demande dans la répartition des produits de la production (pourquoi).

Un question peut donc être légitimement posée: l’action du PS a-t-elle, ces 20 dernières années, fait avancer le socialisme ? La réponse est négative. Le capitalisme est triomphant. Mais pire, le socialisme a été vidé de tout contenu idéologique. Il n’a plus qu’une valeur programmatique dont l’ambition se limite à réduire les effets néfastes de la doctrine dominante (et unique). L’objectif poursuivit par cette social démocratie c’est de laisser une place à l’humain dans le système, de le réformer.

Le social-lisse du social-liste

D’une manière regrettable, ce parti représente encore, pour une masse importante de personne, la seule alternative à la dictature de la maximisation des profits. Ceci n’est pas vrai et ne pourra plus jamais l’être! Les règles du jeux du marché ont été trop intégrées par ses membres et appareils. Le paysage dans lequel ses idées et revendications se promènent c’est la pleine de béton coulé par les théoriciens et praticiens capitalistes. L’adhésion ou la résignation est totale. C’est le règne du TINA (there is no alternative). Il est aujourd’hui temps que le PS fasse son bilan au regard de ses fondements et en tire les conséquences adéquates.

Le courage des parvenus

Ce n’est qu’en posant un acte fort que le PS pourra sauver le socialisme. il s’agira de faire de cette dissolution un grand moment de pédagogie politique. Expliquer à tous et de manière efficace ce qu’est le socialisme. Reconnaitre publiquement que le PS n’est plus capable de réaliser son objectif. Avouer la collusion de ses élites avec les milieux d’affaires (capitaliste). Démontrer en quoi tout les compromis fait ont ruinés l’objectif de base (qui est l’instauration du socialisme). Il s’agirait de faire la psychanalyse du PS sur le divan médiatique. Toute l’importance et l’aura acquise par ce parti pourrait dans ce baroud d’honneur trouver un sens . Une résilience par la disparition, un grand S et plus de P.

La vie des mots

Sinon, ce terme (socialisme) et ce qu’il recouvre continueront leur long cheminement vers une nouvelle sémantique. Il ne désignera bientôt plus qu’une forme de dépendance au pouvoir rendant ses adeptes complètement accros et entravant la marche des marchés. Pareille histoire s’est déjà produite avec un autre mot (communisme) dont la proximité idéologique devrait en faire réfléchir plus d’un. Quoi qu’il en soit et en devienne, l’histoire est ouverte et la mort d’un mot ne signifie pas la disparition de son idée, pour peu que l’on fasse correctement le processus de deuil.

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Plus de gouvernement, on attend la suite!

17 juillet , 2008 · Laisser un commentaire

Le gouvernement a enfin remis sa démission. À qui le tour?

Quoi que l’on en dise, cette décision est un aveu d’impuissance de la part du pouvoir étatique. Ceci pour des raisons qui lui sont intrinsèques et qui relèvent également de la structure actuelle du pouvoir.

Le pouvoir étatique

Les prétentions actuelles du pouvoir étatique sont d’être politique et démocratique. Or, ceci est loin d’être le cas. Le politique c’est ce qui a rapport à la cité, à l’organisation de celle-ci. Le politique a donc pour vocation de s’occuper de tout ce qui relève de la sphère publique. Son pouvoir c’est de constituer le social, créer des institutions, faire des lois. Mis à part cette dernière activité législative, de plus en plus restreint à une ingérence dans la sphère privée, l’État et ses acteurs ne constituent pas le vivre ensemble. Leurs actions se limitent à gérer le vivre ensemble dans une société constituée par d’autres pouvoirs (voir plus bas). Quant à la démocratie, celle-ci désigne la souveraineté du peuple et pas la souveraineté des représentants du peuple! Un régime représentatif n’est pas une démocratie. Le citoyen moderne n’a d’autres pouvoirs que son devoir de participer aux choix, par l’expression d’un vote épisodique, parmi un panel pré-constitué d’éligibles, de son représentant irrévocable pendant toute la durée de son mandat.

L’oligarchie libérale

Nous vivons actuellement sous un régime d’oligarchie libérale. Oligarchie signifie que le pouvoir est actuellement détenu par une caste peu nombreuse. Concrètement il s’agit des grands groupes économiques et financiers qui déterminent eux-mêmes leurs objectifs, ont les moyens de les mettre en œuvre et qui ne rendent de compte qu’a eux-mêmes. Leur doctrine est libérale en ce qu’elle vise à réduire le rôle de l’État à son strict minimum. Il s’agit donc simplement de réduire la marge de manœuvre de cette structure qui pourraient lui devenir antagoniste et pas concurrente (celle-ci étant un autre dogme libéral qui présuppose un accord sur les fins -concourir c’est “courir avec”) . En effet, de plus en plus d’États, représentatifs, ont des comptes (fussent-ils minimaux) à rendre à leurs populations. Ce qui, s’ils étaient forts, pourrait conduire à une remise en cause des objectifs, des moyens et des résultats des oligarques.

Leterme et la fin

Les grands débats (justice sociale-environnement-économie) sont dès lors, en toute logique, absents du champ d’action étatique. Les querelles ne portent plus que sur des détails et questions secondaires. La preuve en est que bien peu de choses sont radicalement affectées par cette absence de gouvernement, pendant les travaux l’exposition continue.

À qui le tour

Pour nous aider dans la compréhension de cette mystification du pouvoir de l’État, il est important que d’autres organes suivent la voie tracée par le défunt gouvernement. À tout seigneur tout honneur c’est au Roi qu’il reviendrait d’ouvrir le bal. Toutes les conditions sont réunies pour faire un bon évènement médiatico-estival. Seul dans sa tribune officielle pour cause de démission ministérielle, le Roi en lieu et place de son discours officiel annoncerait son abdication. La disparition de ce symbole hérité du fond des âges médiévaux nous permettrait peut-être d’ouvrir un débat politique de fond digne de l’esprit des lumières. Ensuite dans la foulée, il reviendrait au PS d’annoncer sa dissolution (nour y reviendrons dans un prochain article). Il s’agirait, par là, de libérer les forces sociales progressistes dont l’horizon est bouché par ce mammouth institutionnel qui envahit la quasi-entièreté du champ politico-médiatique progressiste.

Le 22 juillet

Si par contre un nouveau gouvernement est formé, nommé par le Roi et avec la participation du PS c’est qu’il nous faut encore travailler la terre, labourer les esprits, faire germer les idées.

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